Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 3 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [R] [B], un ressortissant marocain retenu au centre de rétention de [Localité 2]. L'appel visait à contester la légalité de son placement en rétention, suite à une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris, qui avait prolongé sa rétention pour une durée maximale de vingt-huit jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les moyens avancés par l'appelant ne répondaient pas aux exigences de motivation prévues par la loi.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a jugé que les moyens d'appel présentés par M. [R] [B] n'étaient pas suffisamment motivés. En effet, les mentions d'appel concernant un "délai excessif" et "l'absence d'examen médical" n'étaient pas accompagnées d'éléments circonstanciés, ce qui ne permettait pas de caractériser les irrégularités alléguées. La Cour a précisé que "un simple énoncé de moyens ne répondant pas aux conditions de l'article R 743-11 du ceseda" ne pouvait pas fonder un appel.
2. Motivation de l'arrêté de placement : Concernant l'insuffisance de motivation de l'arrêté de placement en rétention, la Cour a rappelé que le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé. Les motifs retenus par le préfet étaient jugés suffisants pour justifier le placement en rétention.
3. Proportionnalité de la mesure : La Cour a également rejeté le moyen tiré de la disproportion de la mesure, arguant qu'aucune mesure moins coercitive n'était applicable en l'absence de garanties, l'intéressé ne justifiant ni de documents d'identité ni d'un domicile stable.
4. État de santé : Enfin, le moyen relatif à l'incompatibilité de l'état de santé de l'intéressé avec la rétention a été jugé non motivé, car il n'était pas étayé par des documents.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) :
- CESEDA - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. La Cour a souligné que "les mentions d'appel" qui ne sont pas accompagnées d'éléments circonstanciés ne peuvent pas constituer une motivation valable.
- CESEDA - Article L. 743-23 : Cet article permet le rejet d'un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. La Cour a estimé qu'il était d'une bonne administration de la justice de faire application de cet article dans le cas présent.
La Cour a ainsi appliqué ces dispositions pour conclure à l'irrecevabilité de l'appel, en insistant sur l'importance d'une motivation adéquate pour les recours en matière de rétention administrative.