Résumé de la décision
La Cour d'appel de Pau, par l'ordonnance rendue le 13 février 2024, a décidé d'enjoindre les parties, S.A.R.L. LACQ'AS et Madame [S] [I], à rencontrer un médiateur désigné par l'Association CHAMBRE DE MEDIATION [Localité 11] et HAUTES-PYRENEES. Cette mesure vise à explorer la possibilité d'une résolution amiable du litige en cours. La cour a précisé que cette réunion d'information est gratuite et doit se tenir dans un délai de 15 jours suivant la réception des coordonnées des parties. En cas d'accord sur la médiation, des modalités spécifiques ont été établies pour la mise en œuvre de celle-ci.
Arguments pertinents
La décision repose sur plusieurs arguments juridiques clés :
1. Possibilité de résolution amiable : La cour a estimé que le litige pourrait être résolu par un accord entre les parties, ce qui justifie l'injonction de rencontrer un médiateur. Cela s'inscrit dans le cadre de l'article 22-1 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995, qui permet au juge d'orienter les parties vers la médiation lorsqu'il considère qu'une résolution amiable est envisageable.
2. Information préalable à la médiation : La cour a souligné l'importance d'informer les parties sur le principe, le but et les modalités de la médiation, afin qu'elles puissent donner un consentement éclairé. Cela est conforme aux exigences du décret n° 2022-245 du 25 février 2022, qui favorise le recours à la médiation.
3. Modalités de mise en œuvre : La décision précise les modalités d'intervention du médiateur, notamment la nécessité de recueillir le consentement des parties dans un délai de 15 jours et les conditions financières liées à la médiation, telles que le versement d'une provision de 800 euros TTC.
Interprétations et citations légales
L'ordonnance s'appuie sur des textes législatifs qui encadrent la médiation :
- Article 22-1 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 : Cet article stipule que "en tout état de la procédure, y compris en référé, lorsqu'il estime qu'une résolution amiable du litige est possible, le juge peut, s'il n'a pas recueilli l'accord des parties, leur enjoindre de rencontrer un médiateur qu'il désigne." Cela souligne le pouvoir du juge d'orienter les parties vers la médiation, même sans leur accord préalable.
- Décret n° 2022-245 du 25 février 2022 : Ce décret favorise le recours à la médiation et précise les modalités d'information des parties. Il est essentiel pour garantir que les parties soient pleinement conscientes des implications de la médiation avant de s'engager.
- Modalités financières : La décision mentionne que "le montant de la provision à valoir sur le montant de sa rémunération, fixée à 800 euros TTC, sera versé entre les mains du médiateur." Cela établit clairement les obligations financières des parties en cas d'accord sur la médiation.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Pau met en avant l'importance de la médiation comme moyen de résolution des litiges, tout en garantissant que les parties soient correctement informées et consentantes avant de s'engager dans ce processus.