Résumé de la décision
La Cour d'appel de Pau, par l'ordonnance rendue le 28 mars 2024, a décidé d'enjoindre les parties, Monsieur [C] [W] et la Caisse CPAM des Landes, à rencontrer un médiateur désigné par l'Association Chambre de Médiation des Landes. Cette mesure vise à explorer la possibilité d'une résolution amiable du litige en cours. La cour a précisé que cette réunion d'information est gratuite et peut se faire en présentiel ou en visioconférence. En cas d'accord des parties pour la médiation, des modalités spécifiques ont été établies, incluant le versement d'une provision pour la rémunération du médiateur. Si l'une des parties refuse la médiation, le médiateur en informera la cour, et les opérations cesseront sans défraiement.
Arguments pertinents
1. Possibilité de résolution amiable : La cour a estimé que le litige pouvait être résolu par un accord entre les parties, ce qui justifie l'injonction de rencontrer un médiateur. Cela s'appuie sur l'article 22-1 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995, qui permet au juge d'orienter les parties vers la médiation lorsqu'il estime qu'une résolution amiable est envisageable.
2. Information préalable à la médiation : La cour a souligné l'importance d'informer les parties sur le principe, le but et les modalités de la médiation, afin qu'elles puissent donner un consentement éclairé. Cela est en ligne avec le décret n° 2022-245 du 25 février 2022, qui favorise le recours à la médiation.
3. Modalités de mise en œuvre de la médiation : La décision précise les modalités pratiques de la médiation, notamment le versement d'une provision de 800 euros TTC, à répartir entre les parties, et la durée de la mission du médiateur, qui est de trois mois, renouvelable une fois.
Interprétations et citations légales
1. Article 22-1 de la loi n° 95-125 : Cet article stipule que "en tout état de la procédure, y compris en référé, lorsqu'il estime qu'une résolution amiable du litige est possible, le juge peut, s'il n'a pas recueilli l'accord des parties, leur enjoindre de rencontrer un médiateur qu'il désigne." Cette disposition souligne le pouvoir du juge d'orienter les parties vers la médiation, même sans leur accord préalable.
2. Décret n° 2022-245 : Ce décret favorise le recours à la médiation et précise que le médiateur doit informer les parties sur le déroulement de la mesure de médiation. Cela renforce l'idée que la médiation doit être une démarche éclairée et volontaire.
3. Modalités de la médiation : La décision précise que "le montant de la provision à valoir sur le montant de sa rémunération, fixée à 800 euros TTC, sera versé entre les mains du médiateur." Cela établit clairement les obligations financières des parties en cas d'accord pour la médiation, tout en prévoyant des exceptions pour les parties bénéficiant de l'aide juridictionnelle.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Pau met en avant l'importance de la médiation comme moyen de résolution des litiges, tout en garantissant que les parties soient correctement informées et consentantes avant d'engager cette procédure.