Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 17 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [L] [R], un ressortissant marocain retenu dans un centre de rétention. L'appel a été jugé manifestement irrecevable, car il ne contenait aucun argument sérieux pour contester la décision du juge des libertés et de la détention, qui avait prolongé la rétention de l'intéressé pour une durée maximale de 15 jours. La cour a noté que les autorités consulaires marocaines avaient délivré un laissez-passer consulaire à M. [L] [R] et que l'éloignement était en attente d'un vol prévu pour le 17 juin 2024.
Arguments pertinents
La décision de la cour repose sur plusieurs points juridiques clés :
1. Irrecevabilité de l'appel : La cour a appliqué l'article L. 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des appels manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La cour a constaté qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis le placement en rétention, et que les éléments fournis ne justifiaient pas la cessation de la rétention.
2. Absence d'arguments sérieux : La cour a souligné que l'appel ne contenait pas d'arguments réels et sérieux pour contester l'ordonnance du 14 juin 2024. En effet, le fait que les autorités consulaires aient délivré un laissez-passer et que l'éloignement soit prévu pour le 17 juin 2024 a été déterminant dans l'évaluation de l'irrecevabilité.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur des dispositions précises du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-23 -2° : Cet article stipule que le premier président de la cour d'appel peut rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties, notamment lorsque "aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative".
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 742-4 : Cet article précise que l'appel doit contenir des arguments sérieux pour être recevable. La cour a constaté que l'appel de M. [L] [R] ne remplissait pas cette condition, car il ne justifiait pas la cessation de la mesure de rétention.
En conclusion, la cour a rejeté la déclaration d'appel de M. [L] [R] en raison de l'absence d'arguments valables et de la situation administrative en cours, confirmant ainsi la légalité de la prolongation de sa rétention.