Résumé de la décision
La Cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu une ordonnance le 20 juin 2024 concernant un incident soulevé par la société Citycare dans le cadre d'un appel interjeté contre un jugement du tribunal de commerce d'Aix-en-Provence. Citycare demandait le retrait de certaines pièces produites par Mme [Y] [T] dans ses écritures, arguant qu'elles avaient été communiquées en violation des dispositions du code de procédure pénale. La cour a débouté Citycare de ses demandes, considérant que la communication des pièces avait été régulièrement obtenue et qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner leur retrait.
Arguments pertinents
1. Communication des pièces : La cour a souligné que la communication des pièces litigieuses (le procès-verbal DDPP et le story-board) avait été faite de manière régulière par le conseil de l'intimée, qui était également le conseil des parties civiles dans la procédure pénale. Cela signifie que la communication n'était pas irrégulière ou déloyale, ce qui justifie le maintien de ces pièces dans le débat.
> "La communication de ces pièces a été régulièrement obtenue par le conseil de l'intimée qui est également le conseil des parties civiles dans la procédure pénale."
2. Interprétation des articles R.166 et R.170 du code de procédure pénale : La cour a précisé que ces articles ne prohibent pas la communication de pièces non définitives dans le cadre d'une instance commerciale, tant que cette communication est faite de manière légale.
> "Ces dispositions [...] n'ont pour effet ni d'interdire à une partie à la procédure pénale de communiquer à un tiers une copie de ces pièces pour les besoins de sa défense dans une instance commerciale."
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article R.166 : Cet article stipule que les copies des décisions des juridictions de jugement ne peuvent être délivrées aux tiers que si elles sont définitives et rendues publiquement. Cela implique que les décisions non définitives, comme celle du tribunal correctionnel de Paris, nécessitent une autorisation préalable pour être communiquées.
2. Code de procédure pénale - Article R.170 : Cet article précise que les copies des décisions non définitives et des autres actes d'une procédure pénale ne peuvent être délivrées qu'avec l'autorisation du procureur, sauf si le demandeur justifie d'un motif légitime. La cour a interprété que, dans le cadre d'une défense dans une instance commerciale, une telle communication peut être justifiée.
> "Les copies des décisions non définitives [...] ne sont délivrées aux tiers qu'avec l'autorisation préalable du procureur de la République ou du procureur général et sous réserve que le demandeur justifie d'un motif légitime."
En conclusion, la cour a statué que la société Citycare ne pouvait pas obtenir le retrait des pièces en question, car leur communication avait été effectuée de manière régulière et légale, respectant ainsi les dispositions du code de procédure pénale.