Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 20 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [F] [W], un ressortissant égyptien, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [F] pour une durée maximale de 15 jours, jusqu'au 2 juillet 2024. L'appel a été jugé manifestement irrecevable, car il ne contenait aucun argument substantiel contre l'ordonnance initiale, se limitant à une simple demande de rester en France.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des appels manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La Cour a noté que l'appel de M. [F] ne contenait aucune critique de l'ordonnance contestée, se limitant à une déclaration vague : « je fais appel car je veux rester en France ». La Cour a conclu qu'aucun élément de la déclaration d'appel ne justifiait la cessation de la rétention, ce qui a conduit au rejet de l'appel.
Interprétations et citations légales
L'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que :
> « Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. [...] il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. »
Cette disposition souligne l'importance d'une argumentation solide dans les appels concernant la rétention administrative. La Cour a interprété que l'absence d'arguments concrets et la nature vague de la déclaration d'appel de M. [F] ne satisfaisaient pas les exigences légales pour justifier une révision de la décision de rétention. Ainsi, la décision de la Cour d'appel de Paris s'inscrit dans une logique de rigueur procédurale, visant à éviter des recours infondés qui pourraient encombrer le système judiciaire.