Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 24 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [Z] [L], alias [P] [F], de nationalité tunisienne, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [Z] [L] pour une durée de vingt-huit jours. La Cour a rejeté l'appel sans audience, considérant qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis la décision contestée et que les éléments fournis ne justifiaient pas la cessation de la rétention.
Arguments pertinents
1. Rejet de l'appel sans audience : La Cour a appliqué l'article L.743-23 alinéa 2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet le rejet sans audience des déclarations d'appel lorsque les éléments fournis ne permettent pas de mettre fin à la rétention. La Cour a constaté qu'aucune nouvelle circonstance de fait ou de droit n'était survenue depuis le placement en rétention.
2. Absence de violation des droits : Concernant le premier moyen de l'appel, la Cour a rappelé que le principe d'audition préalable ne s'applique pas à la décision de placement en rétention, tant au regard de l'article L.121-1 du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA) qu'au regard du principe général du droit. La Cour a également précisé que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE ne s'applique pas aux États membres.
3. Concomitance des notifications : Pour le second moyen, la Cour a noté que l'émargement des notifications avait eu lieu à 7h43 le 18 juin 2024, mais que l'ensemble des droits avaient été notifiés à 9h25 le même jour, ce qui ne constituait pas une irrégularité.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L.743-23 : Cet article permet le rejet sans audience des déclarations d'appel lorsque les éléments fournis ne permettent pas de mettre fin à la rétention. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [Z] [L].
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L.121-1 : La Cour a précisé que le principe d'audition préalable ne s'applique pas à la décision de placement en rétention, ce qui a été un point clé dans le rejet de l'argumentation de l'appelant.
- Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne - Article 41 : La Cour a souligné que cet article s'adresse aux institutions de l'UE et non aux États membres, ce qui a été pertinent pour écarter les arguments relatifs à une prétendue violation des droits de l'appelant.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une interprétation stricte des dispositions légales relatives à la rétention administrative, confirmant ainsi la légalité de la prolongation de la rétention de M. [Z] [L].