Résumé de la décision
La Cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu une ordonnance le 24 novembre 2022 concernant un incident de péremption soulevé par la société GCBA dans le cadre d'une procédure de liquidation judiciaire. La TRESORERIE TOULON MUNICIPALE (TTM) avait déclaré des créances qui avaient été contestées, et un arrêt antérieur avait invité la TTM à saisir le tribunal compétent pour trancher sur l'existence et le montant de ces créances. La société GCBA a demandé la péremption de l'instance, arguant qu'aucune diligence n'avait été accomplie pendant deux ans. La Cour a rejeté cette demande, déclarant l'instance non périmée, et a condamné la société GCBA à payer 1 500 euros à la TTM au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
1. Sur la péremption de l'instance : La Cour a rappelé que, selon les articles 386 et 387 du Code de procédure civile, l'instance est périmée lorsque aucune partie n'accomplit de diligence pendant deux ans. Cependant, la péremption peut être suspendue si un sursis à statuer est en cours. La TTM a justifié avoir saisi le tribunal administratif, ce qui a interrompu le délai de péremption.
> "L'instance est périmée lorsqu'aucune partie n'accomplit de diligence pendant deux ans" (Code de procédure civile - Article 386).
2. Sur l'absence de décision définitive : La Cour a constaté qu'aucune décision définitive n'avait été rendue entre les parties, car l'appel du jugement du tribunal administratif était toujours pendante. Par conséquent, le délai de péremption n'avait pas commencé à courir.
> "Le délai de péremption est interrompu par la suspension de l'instance du fait du sursis à statuer" (Code de procédure civile - Article 392).
3. Sur les frais irrépétibles : La Cour a également statué que la demande de la société GCBA au titre des frais irrépétibles était infondée, en raison de l'absence de péremption.
> "Il serait inéquitable de laisser supporter à la TTM l'intégralité des frais qu'elle a exposés" (Ordonnance).
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur une interprétation stricte des articles du Code de procédure civile relatifs à la péremption et à la suspension de l'instance. Les articles 386 et 387 établissent clairement les conditions dans lesquelles une instance peut être considérée comme périmée, tandis que les articles 378 et 392 précisent les effets d'un sursis à statuer sur le délai de péremption.
- Code de procédure civile - Article 386 : "L'instance est périmée lorsqu'aucune partie n'accomplit de diligence pendant deux ans."
- Code de procédure civile - Article 387 : "La péremption peut être opposée par voie d'exception à la partie qui accomplit un acte après l'expiration du délai de péremption."
- Code de procédure civile - Article 392 : "Le délai de péremption est interrompu par la suspension de l'instance du fait du sursis à statuer."
En conclusion, la Cour a affirmé que la péremption ne pouvait pas être acquise en raison de l'absence d'une décision définitive et a condamné la société GCBA à payer des frais à la TTM, soulignant ainsi l'importance de la diligence dans les procédures judiciaires et le respect des délais légaux.