Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 30 mai 2024 concernant M. [F] [R], un ressortissant roumain retenu dans un centre de rétention. L'appel interjeté par M. [R] contre l'ordonnance du juge des libertés et de la détention, qui avait prolongé sa rétention administrative pour une durée maximale de 28 jours, a été déclaré manifestement irrecevable. La Cour a estimé que M. [R] ne remplissait pas les conditions nécessaires pour contester sa rétention, en raison de l'absence d'un domicile effectif, certain et stable en France.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a jugé que la déclaration d'appel de M. [R] était irrecevable, car il ne pouvait pas justifier d'un domicile stable en France. En effet, il a prétendu être en France pour des « vacances » depuis quatre mois, alors que des éléments indiquent qu'il réside chez une victime depuis huit mois. La Cour a noté que M. [R] ne fournissait aucune preuve de sa prétendue résidence en Irlande, ce qui le rendait « notoirement dépourvu de garantie ».
2. Application de l'article L 743-23 -2° : La décision s'appuie sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La Cour a souligné qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis le placement en rétention, justifiant ainsi le rejet de l'appel.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 -2° : Cet article stipule que « le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables ». La Cour a appliqué cette disposition pour conclure que l'appel de M. [R] ne pouvait être retenu.
- Conditions de rétention : La Cour a également fait référence à l'article L 743-13 du même code, qui impose des conditions spécifiques pour la rétention administrative, notamment la nécessité d'un domicile effectif en France. L'absence de preuve de résidence stable a été un facteur déterminant dans la décision de la Cour.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une interprétation stricte des conditions de rétention administrative, soulignant l'importance de la preuve de résidence pour contester une telle mesure.