Résumé de la décision
La Cour de Cassation, dans sa décision du 7 mars 2018, a rejeté le pourvoi formé par M. Lassana X... à l’encontre d’un arrêt rendu par la cour d'appel de Paris, qui avait infirmé un jugement antérieur et rejeté la demande de M. X... de licenciement sans cause réelle et sérieuse contre la société Aerobag. Le litige portait sur la question du reclassement de M. X... après une inaptitude au poste, la cour d'appel ayant statué sur l’impossibilité de reclassement au sein de la société.
Arguments pertinents
L’argument principal du pourvoi reposait sur le fait que la cour d'appel avait omis de rechercher un éventuel reclassement en interne au sein de la société Aerobag, qui comptait 70 salariés, ce qui aurait été une obligation légale en vertu de l'article L. 1226-2 du code du travail. La cour d'appel a seulement constaté que la société n'avait engagé que des bagagistes pendant une période donnée, sans approfondir l’analyse des postes disponibles en interne et sans examiner la recherche de reclassement dont M. X... aurait pu bénéficier dans son entreprise.
Comme le stipule la décision : "les sociétés contactées avaient répondu qu'elles ne pouvaient reclasser Monsieur X..." ce qui selon le pourvoi, ne suffit pas à prouver qu'il n'y avait pas de possibilité de reclassement au sein de la société même qui l'emploie.
Interprétations et citations légales
Dans cette affaire, l'article du code du travail qui a été principalement invoqué est :
- Code du travail - Article L. 1226-2 : Cet article impose à l'employeur de chercher une solution de reclassement au bénéfice du salarié déclaré inapte à son poste. Il souligne que l’obligation de reclassement concerne non seulement les possibilités en interne mais également au sein de l'entreprise elle-même.
La cour d'appel a été critiquée pour avoir "privé sa décision de base légale" en se bornant à indiquer qu'aucun recrutement n'avait eu lieu pour d'autres postes, sans explorer ce qui se passait en interne. Selon la jurisprudence, cette obligation de reclassement s'entend comme une obligation d'explorer toutes les pistes, même celles qui pourraient sembler peu probables à première vue.
La décision de rejet par la Cour de Cassation ne justifie pas une analyse approfondie des faits, indiquant ainsi que le moyen soulevé par le demandeur n'était pas suffisamment pertinent pour entraîner une cassation. Cela montre que le haut degré d'exigence de preuve dans les cas de licenciement pour inaptitude a été considéré comme satisfait par la cour d'appel, malgré les arguments de M. X....
Ainsi, la décision rappelle l'importance pour les employeurs d'effectuer une analyse complète et exhaustive des options de reclassement pour éviter des contentieux et des décisions défavorables.