Résumé de la décision
La Cour de cassation, chambre criminelle, s’est prononcée sur une question prioritaire de constitutionnalité portant sur l'article 712-11 du code de procédure pénale, le 7 mars 2018. Cette question a été soumise à la Cour à l’occasion de l’appel d’un jugement rejetant une demande d’aménagement de peine présentée par M. Z. La question soulevait des préoccupations concernant le droit au recours effectif et le principe de clarté de la loi, au regard des articles 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et 34 de la Constitution. Finalement, la Cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que la chambre de l'application des peines devait statuer dans un délai raisonnable, et que la question ne présentait donc pas de caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la question : La Cour a d'abord déterminé que la disposition législative contestée était applicable à la procédure en cours et n'avait pas encore été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel. Elle a cependant souligné que la question posée n'était pas nouvelle, ce qui constitue une des raisons de rejet.
2. Délai raisonnable : La Cour a mis en avant le fait que la chambre de l'application des peines est tenue de statuer dans un délai raisonnable sur les appels formés contre les décisions du juge de l'application des peines. Cela relève d'une obligation inhérente à la nature de la justice, soulignant ainsi que le droit au recours effectif est déjà protégé par le cadre législatif existant. Elle déclare : « la chambre de l'application des peines, saisie de l'appel des décisions du juge ou du tribunal de l'application des peines, doit statuer dans un délai raisonnable, au besoin en tenant compte de l'urgence ».
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs dispositions légales pour justifier le rejet de la question prioritaire de constitutionnalité :
- Code de procédure pénale - Article 712-11 : Bien que la Cour n'ait pas directement cité cet article, c'est le fondement de la question en litige, qui traite des modalités de recours en appel contre les décisions du juge de l'application des peines.
- Code de procédure pénale - Article D. 49-41 : Cet article précise que la chambre de l'application des peines doit statuer dans un délai raisonnable, ce qui démontre que le cadre législatif en place est suffisant pour garantir les droits évoqués dans la question soulevée.
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 : Bien que la question de la clarté et de l'effectivité des recours soit posée, la Cour estime que les garanties procédurales sont en place pour assurer ce droit.
- Constitution - Article 34 : La référence à ce texte souligne que le pouvoir législatif a compétence sur l'organisation des juridictions et des procédures, ce qui renforce la légitimité de la loi contestée.
En conclusion, la Cour de cassation affirme la validité du cadre juridique existant, protégeant ainsi le droit au recours tout en suspendant le renvoi de la question au Conseil constitutionnel, pour ces raisons fondées sur les textes légaux et sur la jurisprudence existante.