Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans un arrêt du huit juillet 2011, a reçu une demande des consorts X... concernant la restitution d'une parcelle de terrain auparavant cédée gratuitement à la commune de Nîmes en raison d'une obligation imposée par un permis de construire obtenu en 1974. La cour d'appel de Nîmes a transmis une question prioritaire de constitutionnalité au sujet de l'article 72-1-1° de la loi n° 67-1253 du 30 décembre 1967, se demandant si cette disposition ne portait pas atteinte aux droits garantis par l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ainsi que par l'article 34 de la Constitution de 1958. La Cour a jugé que la question posée était sérieuse et a renvoyé cette question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Sérieux de la question : La Cour a souligné que la question transmise présente un caractère sérieux, car elle traite du transfert de propriété imposé sans indemnisation, portant ainsi atteinte au droit de propriété. En citant le droit fondamental à la propriété, la cour a mis en exergue le risque d'atteinte à l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
2. Manque de garanties : La disposition contestée (article 72-1-1° de la loi n° 67-1253) n’inclut pas de définition claire des usages publics auxquels doivent être affectés les terrains cédés. La Cour a donc pointé du doigt l'absence de disposition protégeant les droits des propriétaires contre des saisies confiscatoires.
Interprétations et citations légales
La décision s'articule autour de deux textes principaux :
1. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Article 17 : Ce texte établit que "la propriété est un droit inviolable et sacré". La Cour a interprété cette disposition pour mettre en lumière que toute cession de propriété imposée et sans indemnisation peut constituer une violation de ce droit fondamental.
2. Constitution du 4 octobre 1958 - Article 34 : Cet article précise les domaines de la loi, notamment le principe de la protection de la propriété. En renvoyant la question au Conseil constitutionnel, la Cour fait valoir que la législation actuelle pourrait être incompatible avec ces préceptes constitutionnels en raison de l'absence de protection adéquate pour les propriétaires concernés.
En conclusion, la Cour de cassation a jugé que la question soulevée sur la constitutionnalité de l'article en question mérite d'être examinée de manière approfondie par le Conseil constitutionnel, marquant ainsi une étape importante dans la protection des droits de propriété face aux cessions obligatoires imposées par des autorités locales.