Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 10 février 2010, a rejeté le pourvoi de M. X... concernant les indemnités d'expropriation dues par la société Territoires. La décision suivait un renvoi après cassation, précédemment intervenu en janvier 2005. M. X... soutenait que la cour d'appel aurait dû vérifier le respect des délais de dépôt des mémoires de l'expropriant et du commissaire du gouvernement, lesquels auraient été déposés hors délai. Il contestait également l'évaluation des indemnités fixées par la cour.
Arguments pertinents
1. Sur le premier moyen :
La Cour a estimé que l'article R. 13-49 du Code de l'expropriation, relatif à la procédure appliquée, n'était pas applicable pour la cour d'appel lors de son examen sur renvoi de cassation. La Cour a affirmé que M. X... ne pouvait se fondre sur la tardiveté des mémoires pour contester la décision. La Cour a précisé que « le moyen n'est pas fondé » en raison de l'inapplicabilité de ces dispositions dans le cadre du jugement en appel.
2. Sur le second moyen :
Concernant l'évaluation des indemnités, la Cour a jugé que M. X... n'avait pas contesté la valeur des biens expropriés à la date de la première décision. En vertu de cette absence de contestation, le moyen a été jugé nouveau et irrecevable. La Cour a cité que « l'appréciation de la valeur des biens expropriés à la date de la décision de première instance... n'avait pas été contestée ».
Interprétations et citations légales
1. Sur l'article R. 13-49 du Code de l'expropriation :
Cet article établit les délais de dépôt des mémoires par l'expropriant et le commissaire du gouvernement. La Cour a déclaré que cet article n'était pas applicable à la procédure en appel dérivée d'une cassation, ce qui signifie que les règles de délais qui s'appliquent normalement en première instance ne sont pas nécessairement transférables en appel. Cette interprétation permet de garantir que les exigences procédurales sont adaptées au contexte spécifique de l'appel.
2. Convention européenne des droits de l'homme - Article 1er du Protocole no 1 :
Cet article protège le droit à la propriété et stipule que personne ne peut être privé de sa propriété, à moins que cela ne soit dans l'intérêt public et selon la loi. Dans l'arrêt, la Cour a statué que M. X... n'avait pas contesté la conformité de l'évaluation à cette disposition, ce qui a conduit à la déclaration de l'irrecevabilité de son moyen. La Cour a précisé qu’« il n'avait pas soutenu... que l'appréciation de la valeur des biens expropriés... était contraire à l'article 1er du premier protocole de la Convention européenne des droits de l'homme ».
En conclusion, la décision illustre l'application du droit administratif et des procédures d'expropriation, tout en soulignant l'importance du respect des délais et de la charge de la preuve sur l'exproprié dans la contestation des décisions relatives à l'évaluation des indemnités.