Résumé de la décision
Dans l'arrêt rendu le 11 juin 2024, la Cour de cassation a rejeté les pourvois formés par MM. [V] et [W] [U] contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui avait confirmé la décision de non-lieu prononcée par le juge d'instruction, constatant la prescription de leur action en diffamation contre une personne non dénommée. Les faits en cause concernaient des allégations de diffamation publique par un tract diffusé en avril 2021, décrivant les plaignants sous des termes péjoratifs.
Arguments pertinents
1. Prescription de l'action publique : La Cour a confirmé que la prescription était applicable à l'affaire, affirmant que l’action en diffamation était éteinte avant la décision du juge d'instruction.
2. Irrecevabilité du second moyen : La Cour a rejeté le moyen invoqué pour la première fois devant elle, en précisant que son irrecevabilité résultait du fait qu'il ne s'agissait pas d'un moyen d'ordre public. Ce moyen avait trait au non-respect des délais de rigueur liés à l'article 175 VII du Code de procédure pénale.
3. Droit des parties et intérêt privé : La Cour a souligné que le non-respect des délais n'affectait que l'intérêt privé des parties, justifiant ainsi l'irrecevabilité du moyen soulevé.
Citations pertinentes incluent la mention de l’irrecevabilité du moyen à cause de la nature de l’intérêt touché, ainsi que l’affirmation de la conformité de l’arrêt passé en jugement.
Interprétations et citations légales
1. Prescription : La Cour rappelle implicitement que, conformément au principe de prescription, un délai doit s'écouler avant qu'une action en justice ne puisse être engagée. Dans ce cas, il a été constaté que le délai de prescription était écoulé au moment où le juge d’instruction a rendu sa décision de non-lieu.
2. Code de procédure pénale - Article 175 VII : Le moyen d’appel s’appuie sur cet article relatif aux délais de rigueur imposés au juge d'instruction. La Cour a rejeté la pertinence de cet article pour le cas en question au motif qu’il ne s'agit pas d'un moyen d'ordre public, signalant que "les dispositions précitées... ont pour objet de permettre aux parties d'exercer durant ces délais les droits qu’elles tiennent des IV et VI de l'article 175".
3. Décision du Conseil constitutionnel : La décision du Conseil constitutionnel en date du 14 septembre 2021, qui abroge certains alinéas de la loi sur la liberté de la presse, est également citée pour valider le raisonnement de la Cour concernant l'irrecevabilité du moyen.
Ainsi, la décision illustre l'importance de la prescription dans la procédure pénale et précise le cadre juridique entourant les droits des parties en matière de diffamation.