Résumé de la décision
Dans le cadre du pourvoi formé par M. [K] [H] contre une décision de la cour d'assises du Haut-Rhin le condamnant à dix-neuf ans de réclusion criminelle pour des viols aggravés incestueux, celui-ci a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ciblant l'article 7, alinéa 1er, de l'ordonnance n° 2020-303 du 25 mars 2020. Cette disposition permet au président de la cour d'assises de décider d'une publicité restreinte des débats. La Cour de cassation, après avoir examiné la question, a décidé de ne pas transmettre la QPC au Conseil constitutionnel, concluant que la question ne présentait pas de caractère sérieux et était justifiée par des considérations d'urgence sanitaire liées à la Covid-19.
Arguments pertinents
1. Restriction du principe de publicité des débats : La Cour a souligné que la restriction de la publicité des débats était une prérogative du président de la cour d'assises, exerçant un pouvoir de police. Cette décision peut être contestée en audience par les parties. À cet égard, la Cour a affirmé que la disposition "relève du pouvoir de police du président de la cour d'assises" (paragraphe 6).
2. Urgence sanitaire : La décision s'inscrit dans un contexte d'urgence sanitaire, justifiant temporairement de telles restrictions pour protéger la santé publique et assurer la continuité de la justice. La Cour mentionne que la disposition "poursuit l'objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé" (paragraphe 7).
3. Droits de la défense : L'arrêt affirme que la restriction de publicité n'entrave pas les droits de la défense, notamment la présence d'un avocat et la liberté de la défense. La Cour note que "cela ne porte pas atteinte aux droits de la défense" (paragraphe 8).
Interprétations et citations légales
1. Applicabilité de la disposition contestée : La Cour a expliqué que l'article contesté, issu de l'ordonnance n° 2020-303, doit être considéré comme législatif selon l'article 61-1 de la Constitution, car le délai d'habilitation a expiré (paragraphe 2).
2. Droit à un procès équitable : Les articles 6 et 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 garantissent le droit à un procès équitable, y compris le principe de la publicité des débats. La Cour a reconnu l'importance de ces droits tout en considérant que "la disposition contestée ne méconnaît pas le principe d'égalité" (paragraphe 8).
3. Justice et continuité : L’article 38 de la Constitution, qui permet d’adapter les lois en cas d’urgence, a servi de fondement à la légitimité de ces restrictions temporaires. Cela illustre comment la nécessité de protéger la santé publique peut prévaloir sur des principes procéduraux dans des situations exceptionnelles.
En somme, la décision de la Cour de cassation reflète un équilibre entre les droits fondamentaux en matière de justice et les nécessités urgentes qui peuvent limiter ces droits dans un cadre exceptionnel.