Résumé de la décision
La Cour de cassation a rendu, le 14 décembre 2017, un arrêt déclarant irrecevable la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. Mohamed X... concernant l'imposition d'une condition de résidence en France pour le versement de l'allocation de solidarité aux personnes âgées. M. X..., résident en Algérie, contestait les articles R. 115-6, L. 815-1 et L. 815-12 du code de la sécurité sociale, estimant qu'ils violaient plusieurs principes constitutionnels tels que la liberté de circulation et d'établissement, ainsi que l'égalité entre les citoyens. La Cour a jugé que la question n'était pas recevable, principalement parce qu'elle portait sur des dispositions réglementaires et non législatives, et a estimé que les conditions posées étaient légitimes dans le cadre de la solidarité nationale.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la question :
- La Cour a statué que la QPC n'est pas recevable en ce qui concerne l'article R. 115-6 du code de la sécurité sociale, car la contestation de la conformité à la Constitution des dispositions réglementaires n'entre pas dans le champ de la procédure de la QPC. La Cour a fermement affirmé : « la contestation de la conformité à la Constitution de dispositions réglementaires ne relève pas de la procédure de la question prioritaire de constitutionnalité ».
2. Objectif législatif :
- La condition de résidence imposée pour l'octroi de l'allocation a été justifiée comme une réponse aux exigences du principe de solidarité nationale, permettant de garantir un minimum vieillesse déterminé en fonction des coûts et des besoins des personnes choisissant de résider sur le territoire français. La Cour a conclu : « le législateur a répondu [...] à l'objectif de garantir un minimum vieillesse déterminé ».
3. Absence de discrimination :
- La Cour a jugé que l’imposition d’une condition de résidence ne constitue pas une discrimination fondée sur l’origine, dès lors qu’elle est appliquée sans distinction fondée sur la nationalité. La Cour a ainsi invalidé l'argument selon lequel les dispositions en cause porteraient atteinte aux principes d’égalité et de liberté de circulation.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, la Cour s'est appuyée sur plusieurs articles du code de la sécurité sociale ainsi que sur les principes constitutionnels.
- Code de la sécurité sociale - Article R. 115-6 : Bien que la Cour n'entre pas dans le fond de la question concernant cet article, elle déclare son irrecevabilité. Cela montre que la procédure de la QPC n'est efficacement applicable qu’aux dispositions législatives et non réglementaires.
- Code de la sécurité sociale - Articles L. 815-1 et L. 815-12 : Ces articles, tout en étant les fondements du dispositif contesté, sont considérés comme « applicables au litige ». Cela implique qu'ils font partie intégrante du cadre juridique prescrit pour les allocations de solidarité et doivent être respectés selon la législation.
- Principe de la solidarité nationale : La Cour a caractérisé le droit à l’allocation non contributive comme étant soumis aux exigences d’un cadre législatif qui veut garantir la solidarité collective vis-à-vis des bénéficiaires qui choisissent de résider en France.
La décision met donc en lumière la distinction entre les dispositions réglementaires et législatives dans le cadre de la QPC, ainsi que l'importance de la législation sur la solidarité nationale en lien avec les droits aux prestations sociales.