Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 17 juin 2015, a déclaré irrecevable une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative à l'article 15 III de la loi du 6 juillet 1989. Cette question avait été soulevée en raison d'une prétendue atteinte disproportionnée au droit de propriété, en lien avec des dispositions qui limitent la liberté contractuelle des bailleurs en matière de relogement des locataires. La cour a précisé que la critique formulée concernait en réalité une disposition réglementaire et non législative, ce qui ne permettait pas de soumettre une QPC.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la QPC : La Cour a établi que la question posée ne touchait pas directement une disposition législative, mais plutôt un article de l'accord collectif de location, qui est de nature réglementaire. Ainsi, selon le principe selon lequel le juge ne peut élargir ou modifier la question posée, la cour a considéré que cette question est donc irrecevable.
- Citation : « Il n'appartient pas au juge de modifier la teneur de la question prioritaire de constitutionnalité. »
2. Portée du droit de propriété : La décision souligne que bien que la question concernait le droit de propriété, la critique formulée se dirigeait principalement contre des dispositions réglementaires qui ne peuvent pas faire l'objet d'une QPC conformément à la jurisprudence.
- Citation : « Cette disposition, de nature réglementaire, ne peut faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité. »
Interprétations et citations légales
1. L'article 15 III de la loi du 6 juillet 1989 : Cet article établit des limites sur le relogement, en imposant des conditions qui doivent être respectées par le bailleur lorsqu'un locataire, ne souhaitant pas acheter son logement et ayant des revenus inférieurs à un certain seuil, fait face à une expulsion. Ce cadre vise à protéger les locataires vulnérables, mais est contesté pour son impact sur le droit de propriété.
- Citation de loi : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 - Article 15 III
2. Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : Les articles 2 et 17 évoquent le droit de propriété comme un droit inviolable et un des fondements de la société. Ces principes sont souvent invoqués pour questionner des dispositions qui limiteraient ce droit.
- Citation : « La conservation du droit de propriété est l'un des buts de toute association politique » (Article 2).
- Citation : « La propriété étant un droit inviolable et sacré » (Article 17).
3. Nature réglementaire de l'accord collectif : L'arrêt précise que les dispositions de l'accord collectif de location, invoquées par la partie requérante, ne relèvent pas de l'autorité législative, ce qui limite la possibilité de soumettre une QPC sur ces bases.
- Interprétation : Une question prioritaire de constitutionnalité ne peut s'appliquer qu'aux lois, et non aux réglementations ou accords collectifs, ce qui aborde la distinction fondamentale entre droits législatifs et réglementaires dans la protection constitutionnelle.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation renforce l'idée que la protection du droit de propriété, bien qu'elle soit fondamentale dans le cadre constitutionnel, ne peut faire l'objet d'une remise en cause par voie de QPC si elle ne touche pas directement une disposition législative.