Résumé de la décision
M. [P] [G] a demandé son inscription sur la liste des experts judiciaires de la cour d'appel de Paris dans plusieurs rubriques liées à l'aéronautique. Son recours a été rejeté par l'assemblée générale des magistrats du siège de cette cour le 8 novembre 2023, notamment en raison de l'absence d'une attestation de son ancien employeur, Air France, et d'une insuffisance de son expérience professionnelle. M. [G] a contesté cette décision, affirmant que, étant désormais libre de tout engagement après sa cessation d’emploi, cette exigence n'était plus justifiée et que ses expériences professionnelles étaient suffisantes.
La Cour de cassation, par son arrêt du 20 juin 2024, a rejeté le recours de M. [G] en considérant que les motifs d'irrecevabilité avancés par l'assemblée générale étaient fondés et que la décision ne souffrait d’aucune erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents
L’assemblée générale des magistrats a jugé le dossier de M. [G] incomplet pour deux raisons principales :
1. Absence d'autorisation : M. [G] n’a pas fourni d’attestation de son employeur lui permettant d’effectuer des expertises durant son temps de travail. La Cour précise que, en l’absence de preuves que M. [G] n’était plus salarié d'Air France, l’assemblée générale a bien fait de considérer son dossier comme incomplet.
> « [...] l'assemblée générale, qui, en l'absence de justificatifs de ce que M. [G] n'était plus salarié de la société Air France, a, à bon droit, retenu que le dossier de M. [G] était incomplet [...] »
2. Insuffisance d'expérience : La cour a estimé que l’expérience professionnelle de M. [G] ne répondait pas aux qualifications requises pour être inscrit comme expert judiciaire dans les spécialités sollicitées.
> « [...] a décidé de ne pas l'inscrire sur la liste des experts judiciaires de la cour d'appel [...] »
Interprétations et citations légales
Les décisions relatives à l'inscription des experts judiciaires sont régies par le décret du 23 décembre 2004, notamment les articles 2, 4-1 et 6. Ces articles stipulent les conditions à remplir pour être inscrit sur la liste des experts judiciaires, y compris le besoin de justifications concernant l'expérience professionnelle et les autorisations nécessaires de l'employeur.
- Décret n° 2004-1463 du 23 décembre 2004 :
- Article 2 : Énonçait les critères généraux pour l'inscription.
- Article 4-1 : Exigeait une attestation de l'employeur lorsqu’un candidat est encore salarié.
- Article 6 : Précisait les qualifications et l'expérience requises pour différentes spécialités d'expertise.
Dans le cas présent, la Cour a validé l'interprétation faite par l'assemblée générale concernant ces conditions. En effet, l’absence de l’attestation et la question de l’expérience professionnelle sont des critères objectifs sur lesquels la décision de ne pas inscrire M. [G] repose.
> « [...] il ne contient pas l'attestation de l'employeur autorisant la réalisation d'expertises pendant le temps de travail [...] »
Ainsi, cet arrêt confirme l'importance de la justification formelle des qualifications et des conditions d'exercice des candidats à l'expertise judiciaire, thèmes centraux de l'encadrement juridique de cette profession.