Résumé de la décision
La Cour de cassation a rendu un arrêt le 23 mars 2021 concernant M. F... Y..., M. V... B..., et la société Suez RV Osis Sud-Est, condamnés par la cour d'appel de Riom pour des infractions au code de l'environnement. M. Y... a été condamné à 3 000 euros d'amende pour gestion irrégulière de déchets, tandis que M. B... et la société SRA-SAVAC, devenue Suez RV Osis Sud-Est, ont été condamnés pour complicité avec des amendes de 10 000 euros (1 500 euros avec sursis) et 100 000 euros respectivement. Les pourvois ont été joints et rejetés par la Cour de cassation qui a confirmé la validité des preuves retenues contre les prévenus.
Arguments pertinents
La cour d'appel avait rejeté les exceptions de nullité relatives à deux procès-verbaux et a considéré la compétence de l'agent de police judiciaire, en s'appuyant sur les dispositions législatives en vigueur. En effet, la cour a jugé que :
- L'agent de police judiciaire avait la compétence pour procéder à des constatations sur les lieux de gestion des déchets, en vertu des articles L. 541-44 et L. 541-45 du Code de l'environnement. L'arrêt stipule : « l'agent de police judiciaire a compétence pour rechercher et constater les infractions liées à la gestion des déchets, et bénéficie du libre accès notamment aux installations de gestion des déchets. »
- La prise de photographies par cet agent était autorisée et ne constituait pas une violation du droit au domicile, puisque le lieu concerné était utilisé à des fins professionnelles et non domestiques. La cour a précisé que ces photographies « ne comportent aucune image d'un employé ou d'un tiers », écartant ainsi toute atteinte à la vie privée.
Ces éléments ont conduit à la conclusion de la régularité des preuves retenues.
Interprétations et citations légales
La décision se fonde sur une interprétation explicite des articles du Code de l'environnement. Voici les passages pertinents :
- Code de l'environnement - Article L. 541-44 : Cet article stipule que les agents chargés de la police de l'environnement doivent pouvoir procéder à tout constat d'infraction et ont un accès libre aux installations associées à la gestion des déchets, renforçant ainsi leur capacité d'intervention pour prévenir des infractions.
- Code de l'environnement - Article L. 541-45 : Il renforce le cadre légal permettant aux agents de prendre des mesures nécessaires pour constater des infractions, y compris la collecte de preuves visuelles, comme des photographies.
De plus, concernant la protection du domicile selon l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, la cour a déduit que le hangar en question, utilisé pour des activités professionnelles, ne pouvait pas bénéficier de cette protection. L'arrêt stipule : « il ne pouvait en conséquence bénéficier de la protection du domicile garantie par les dispositions de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. »
Ainsi, cette décision de la Cour de cassation illustre l'équilibre entre les droits des prévenus et la nécessité de protections environnementales, tout en précisant la portée des compétences des agents de l'État dans l'exercice de leurs fonctions.