Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 25 mars 2021, traite d'un litige opposant la société civile immobilière Rafy à la société BNP Paribas suite à des saisies de droits d'associés et de valeurs mobilières. Les faits se sont déroulés après que la SCI Rafy ait procédé à une saisie-attribution de montants et d'actifs de l'Église du christianisme céleste Paroisse Saint-Esprit. Malgré la réalisation de la saisie, des difficultés sont survenues concernant la vente des parts de la SCPI détenues par l'Église. La cour de cassation a décidé de renvoyer la question d'une éventuelle responsabilité de BNP Paribas, en tant qu'intermédiaire, à la chambre commerciale pour avis.
Arguments pertinents
Dans cette décision, la Cour souligne que la question centrale repose sur les obligations de l'intermédiaire habilité (en l'occurrence BNP Paribas) en ce qui concerne le devoir d'informer la société émettrice sur une saisie de droits d'associés et de valeurs mobilières. La Cour précise que l'intermédiaire pourrait manquer à ses obligations si elle ne notifie pas la société émettrice de la saisie, particulièrement lorsque celle-ci concerne des parts de SCPI. À cet égard, elle observe que le non-respect d'une telle obligation pourrait engager la responsabilité de la banque.
Citation 1 : La Cour indique que « l'intermédiaire habilité à gérer le compte du titulaire de valeurs nominatives... manque-t-il à ses obligations... en s'abstenant d'informer la société émettrice... d'une saisie ? »
Interprétations et citations légales
La question renvoyée à la chambre commerciale porte sur l'interprétation de l'article R. 232-3 du Code des procédures civiles d'exécution, qui traite des obligations incombant à l'intermédiaire en matière de gestion des titres. L'article stipule que l'intermédiaire doit jouer un rôle actif dans la gestion des informations concernant les droits détenus par ses clients, en particulier en cas de saisie.
Code des procédures civiles d'exécution - Article R. 232-3 :
1. L'intermédiaire doit informer la société émettrice d'un acte de saisie portant sur des valeurs mobilières détachées.
2. Cette obligation est d'autant plus cruciale lorsqu'il s'agit de titres ayant un statut spécifique, comme ceux des SCPI.
La formulation de la question pour avis pose la problématique de savoir si l'intermédiaire a correctement exécuté ses obligations envers la société émettrice dans le cadre complexe de la gestion des titres détenus par un client en situation de saisie.
En conclusion, la décision de renvoi à la chambre commerciale vise à éclaircir les obligations juridiques auxquelles les intermédiaires doivent se conformer lors de saisies de droits d'associés et de valeurs mobilières, en particulier dans le cadre spécifique des SCPI.