Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme X... et cinq autres salariés de l'association Cedem ont demandé en 2008 à la juridiction prud'homale le paiement d'une indemnité compensatrice pour un jour de repos supplémentaire en raison de la coïncidence du 1er mai et de l'Ascension, qui tombaient le même jour. Le conseil de prud'hommes a accueilli leur demande en vertu des dispositions de la convention collective des centres de gestion agréés et habilités, qui stipule que les salariés ont droit aux onze jours fériés légaux. La Cour de cassation a, cependant, cassé le jugement en affirmant que la convention collective ne prévoit aucun droit à un jour de repos supplémentaire dans de telles circonstances, rejetant ainsi la demande des salariés.
Arguments pertinents
1. Interprétation de la convention collective : La Cour de cassation a précisé que les articles 421 et 422 de la convention collective ne garantissent pas explicitement le droit à un jour de repos supplémentaire en cas de coïncidence de deux jours fériés. Au contraire, l'article 422, qui traite de la rémunération des jours fériés, se limite à établir que ces jours sont chômés et rémunérés sans faire mention d'une indemnité lorsque deux jours fériés coïncident.
> _« [...] lorsque deux jours fériés chômés coïncident, le salarié ne peut prétendre à l'attribution de ces deux jours ou au paiement d'une indemnité qu'à la condition qu'une convention collective [...] prévoit le paiement d'un nombre déterminé de jours fériés dans l'année »._
2. Refus de l'indemnisation : La Cour a statué que le jugement de première instance violait la convention collective, car l'article 422 ne conférait pas un droit à un jour de congé ou de repos supplémentaire dans le cas où deux jours fériés coïncidaient, confirmant ainsi que la demande des salariés était infondée.
> _« [...] alors que l'article 422 de la convention collective qui se borne à rappeler que les jours fériés sont chômés et rémunérés, n'instaure aucun droit à un jour de congé ou de repos supplémentaire [...] »._
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour de cassation repose principalement sur l'interprétation des articles de la convention collective des centres de gestion agréés et habilités. Les articles concernés sont :
- Convention collective - Article 421 : Il énonce la liste des jours fériés légaux en France, sans préciser aucune obligation en cas de coïncidence.
- Convention collective - Article 422 : Il précise que « les jours fériés sont chômés et rémunérés » mais ne traite pas des conséquences d'une coïncidence entre ces jours.
La Cour cite le Code civil pour souligner l'approche d'interprétation des conventions :
- Code civil - Article 1161 : « Toutes les clauses des conventions s'interprètent les unes par les autres, en donnant à chacune le sens qui résulte de l'acte entier. » Cette citation renforce l'idée que l'interprétation des articles doit tenir compte de l'ensemble du texte sans en extraire des droits non spécifiés.
En résumé, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des dispositions collectives, concluant qu'aucune indemnisation n'est due en cas de coïncidence de jours fériés, ce qui est essentiel pour comprendre les limites des droits des salariés en matière de repos lors de telles occurrences.