Résumé de la décision
Dans cette affaire, Georges X... a formé un pourvoi contre un arrêt de la Cour d'appel de Nîmes, daté du 8 mai 1964, qui l'a condamné à quatre mois d'emprisonnement pour complicité de proxénétisme et à deux ans de privation de certains droits. La cour a jugé que X... avait sciemment envoyé une somme d'argent, provenant de la prostitution d'une femme, au proxénète Y..., ce qui constituait une aide dans la commission du délit. Le pourvoi a été rejeté, la Cour de cassation confirmant la culpabilité de X... pour complicité de proxénétisme.
Arguments pertinents
1. Constitution de la complicité : La Cour a affirmé que l'envoi d'une somme d'argent au proxénète constituait une aide dans l'opération de partage des produits de la prostitution, même s'il s'agissait d'un acte isolé. La Cour a précisé que "la complicité est caractérisée même dans le cas d'un seul envoi", soulignant que le délit de partage des produits de la prostitution n'est pas un délit d'habitude.
2. Responsabilité du complice : La décision rappelle que, selon l'article 59 du Code pénal, "le complice est punissable des mêmes peines que l'auteur principal". Ainsi, la culpabilité de Y... pour proxénétisme entraîne automatiquement la responsabilité de X... en tant que complice.
3. Absence de nécessité d'examiner les éléments constitutifs : La Cour a jugé qu'il n'était pas nécessaire de rechercher si les éléments constitutifs du délit étaient réunis en la personne de X..., car la condamnation de l'auteur principal suffisait à établir la culpabilité du complice.
Interprétations et citations légales
1. Article 59 du Code pénal : Cet article stipule que "le complice est punissable des mêmes peines que l'auteur principal". Cette disposition établit un lien direct entre la responsabilité du complice et celle de l'auteur principal, ce qui a été fondamental dans la décision de la Cour.
2. Article 334 - 2° du Code pénal : Cet article définit le proxénétisme et ses conséquences. La Cour a noté que le partage des produits de la prostitution d'autrui n'est pas considéré comme un délit d'habitude, ce qui a permis de justifier la culpabilité de X... sur la base d'un acte isolé.
3. Article 598 du Code de procédure pénale : Cet article stipule que la peine prononcée ne doit pas excéder celle prévue par la loi. La Cour a conclu que la peine infligée à X... était conforme à cette disposition, renforçant ainsi la légitimité de la décision.
En résumé, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des articles du Code pénal concernant la complicité et le proxénétisme, affirmant que même un acte isolé peut constituer une complicité lorsque l'auteur principal a été condamné pour un délit.