Résumé de la décision
Dans cette affaire, une bouteille de gaz a explosé, causant de graves blessures à plusieurs personnes, dont le décès de Joseph X... quelques jours après l'accident. Z..., le directeur technique de la société "Louvroil, Montbard et Aulnoye" (devenue société Vallourec), a été relaxé lors d'une procédure pénale pour homicide et blessures involontaires, au motif qu'aucune faute n'avait été établie à son encontre. Suite à cette décision, les victimes ont assigné la société en réparation de leur préjudice, arguant qu'un défaut de fabrication était à l'origine de l'accident. La cour d'appel a jugé que la société était responsable, en raison d'une faute liée à la fabrication d'une bouteille défectueuse, et a rejeté le pourvoi de la société, confirmant ainsi la possibilité pour les victimes de demander réparation.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de la société : La cour d'appel a établi que la société avait commis une faute en livrant un produit défectueux. L'arrêt souligne que "la possibilité, pour les victimes, de demander la réparation de leur préjudice, dans les termes de l'article 1382 du Code civil, à la société qui avait la responsabilité de la fabrication" demeure valide, même après la relaxe de Z... pour absence de faute personnelle.
2. Distinction entre responsabilité pénale et civile : L'arrêt précise que la relaxe de Z... ne préjuge pas de la responsabilité civile de la société. En effet, "l' arrêt interdisait seulement d'imputer une faute à Z...", ce qui ne contredit pas la possibilité d'imputer une faute à l'entité juridique.
Interprétations et citations légales
L'arrêt s'appuie sur le principe de la responsabilité délictuelle, tel qu'établi par le Code civil. En particulier, il fait référence à :
- Code civil - Article 1382 : Cet article stipule que "tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer". La cour a appliqué ce principe pour conclure que la société, en tant que fabricant, pouvait être tenue responsable des dommages causés par un produit défectueux.
L'interprétation de cet article dans le contexte de la responsabilité des produits défectueux est cruciale. La cour a reconnu que la responsabilité civile peut être engagée indépendamment de la responsabilité pénale, permettant ainsi aux victimes de rechercher réparation même si le directeur technique n'a pas été reconnu coupable d'une faute personnelle.
En conclusion, la décision de la cour d'appel est fondée sur une distinction claire entre la responsabilité pénale et civile, permettant aux victimes de poursuivre la société pour des dommages causés par un produit défectueux, malgré l'absence de faute personnelle établie à l'encontre d'un individu.