Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du Procureur général près la Cour d'appel de Paris, qui contestait un arrêt de la Cour d'appel en date du 27 avril 1964. Cet arrêt avait relaxé Pierre X... des poursuites pour blessures involontaires et déclaré irrecevable l'appel du ministère public contre un jugement antérieur du 4 juillet 1962. Le Procureur général soutenait que l'appel formé le 15 juillet 1963 contre le jugement du 4 juillet 1962 était recevable, mais la Cour a confirmé que cet appel était tardif et a statué que la relaxe pour homicide involontaire était devenue définitive.
Arguments pertinents
1. Sur la recevabilité de l'appel :
La Cour a souligné que, bien que les articles 507 et 508 du Code de procédure pénale permettent la recevabilité immédiate d'un appel contre une décision non définitive, cela ne suspend pas le délai d'appel fixé par l'article 498 du même code. Ce dernier stipule que le délai d'appel est de dix jours à compter du prononcé du jugement. La Cour a donc conclu que l'appel du 15 juillet 1963 était tardif et irrecevable.
> "Il ne découle cependant pas de ces textes que le délai d'appel soit suspendu jusqu'au jour de la décision sur le fond."
2. Sur l'étendue de la saisine de la Cour d'appel :
La Cour a également précisé que l'appel interjeté par le Procureur de la République ne couvrait que les dispositions du jugement du 10 juillet 1963 relatives aux blessures involontaires, et non celles concernant la relaxe pour homicide involontaire. L'article 509 du Code de procédure pénale stipule que la cour ne peut réformer que les dispositions dont elle est saisie.
> "Si un jugement contient des dispositions distinctes, et s'il n'y a appel que de certaines d'entre elles, la cour ne peut réformer que celles dont elle est saisie."
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 498 :
Cet article fixe le délai d'appel à dix jours à compter du prononcé du jugement. La Cour a interprété cet article comme s'appliquant de manière stricte, sans possibilité de suspension du délai d'appel en raison d'une décision ultérieure.
2. Code de procédure pénale - Articles 507 et 508 :
Ces articles régissent la recevabilité des appels contre des décisions qui ne mettent pas fin à la procédure. La Cour a affirmé que ces articles ne contredisent pas l'article 498, et que le délai d'appel doit être respecté.
3. Code de procédure pénale - Article 509 :
Cet article précise que l'affaire est dévolue à la Cour d'appel dans la limite fixée par l'acte d'appel. La Cour a interprété cet article pour conclure que l'appel ne pouvait porter que sur les dispositions explicitement mentionnées dans l'acte d'appel.
En somme, la décision de la Cour de cassation a été fondée sur une interprétation rigoureuse des délais et des procédures d'appel, confirmant ainsi la nécessité de respecter les délais légaux pour garantir l'intégrité du processus judiciaire.