Résumé de la décision
Dans l'affaire jugée par la Cour d'appel de Rouen le 15 janvier 1960, un lot de tôles galvanisées, expédié à la société Tardif à la Réunion, a subi des avaries à son arrivée. Les assureurs, ayant indemnisé la société Tardif pour ces dommages, ont intenté une action en remboursement contre le transporteur, la Nouvelle Compagnie Havraise Péninsulaire (NOCHAP), et le capitaine du navire. La cour a rejeté leur demande, considérant que les avaries étaient dues à un vice propre de la marchandise et à un défaut d'emballage, exonérant ainsi le transporteur de toute responsabilité.
Arguments pertinents
1. Responsabilité du transporteur : La cour a affirmé que les avaries étaient causées par des éléments naturels et le défaut d'emballage des tôles, ce qui ne pouvait pas être imputé au transporteur. Elle a précisé que "ces avaries sont dues 'uniquement' à l'action naturelle des éléments atmosphériques et ont pour cause le vice propre de la marchandise et son défaut d'emballage".
2. Absence de réserves : Bien que le réceptionnaire n'ait formulé que des réserves partielles lors du déchargement, la cour a jugé que cela n'affectait pas la responsabilité du transporteur, puisque les dommages étaient déjà causés par la nature et le défaut d'emballage. La cour a conclu que "des lors qu'elle exonérait le transporteur de toute responsabilité, en raison de la faute précitée du chargeur, elle n'avait pas à faire état d'une absence partielle de réserve, devenue sans objet".
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation des obligations du transporteur et des responsabilités en matière de dommages aux marchandises. La cour a fait référence à des principes généraux du droit des transports et des obligations contractuelles.
- Code civil - Article 1732 : Cet article stipule que le transporteur est responsable des dommages causés aux marchandises, sauf s'il prouve que le dommage provient d'une cause étrangère. La cour a appliqué ce principe en considérant que le transporteur ne pouvait être tenu responsable des dommages causés par des éléments naturels, en raison du vice propre de la marchandise.
- Code civil - Article 1147 : Cet article traite de la responsabilité contractuelle et des dommages-intérêts. La cour a jugé que, même en l'absence de réserves à l'embarquement, le transporteur pouvait se prévaloir de la faute du chargeur, ce qui a conduit à l'exonération de sa responsabilité.
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été fondée sur une analyse des faits et des circonstances entourant l'expédition, ainsi que sur une application rigoureuse des principes de responsabilité en matière de transport, confirmant ainsi le rejet du pourvoi des assureurs.