Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par X... contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris qui avait validé un congé donné par Y... pour la reprise d'un bail. Le congé, daté du 9 mai 1956, était destiné à prendre effet le 11 novembre 1959, mais la Cour d'appel a jugé que X... était forclos pour contester ce congé, le considérant valide jusqu'à l'expiration du bail le 11 novembre 1962. De plus, la Cour a rejeté la demande de X... de déférer un serment décisoire concernant une prétendue renonciation au congé par Y..., considérant que cette demande n'était pas fondée.
Arguments pertinents
1. Forclusion et Validité du Congé : La Cour a rappelé que la forclusion s'applique à tous les congés délivrés plus de dix-huit mois avant l'expiration du bail, indépendamment de leur nature ou de leur régularité. Cela signifie que même un congé donné pour une reprise triennale est soumis à cette règle. La Cour a affirmé : « la forclusion concerne tous les congés délivrés plus de dix-huit mois avant l'expiration du bail, que ce soit à fin de reprise triennale ou de reprise partielle. »
2. Absence de Preuve de Renonciation : La Cour a validé le congé en considérant que la preuve de la prétendue renonciation du bailleur n'était pas rapportée. Elle a conclu que, en l'absence de preuve, le congé devait être considéré comme valide.
3. Serment Décisoire : Concernant le serment décisoire, la Cour a estimé que X... n'avait pas établi la vraisemblance de sa prétention sur une convention verbale postérieure au congé. La Cour a noté que la demande de serment était dilatoire, formulée à la veille des vacances judiciaires, et que l'existence de la convention n'était ni établie ni vraisemblable.
Interprétations et citations légales
1. Forclusion : L'article pertinent ici est le Code rural - Article 838, qui stipule que le bail se renouvelle automatiquement si le congé n'est pas donné dans les délais impartis. La Cour a appliqué cet article pour justifier que le bail s'était renouvelé en l'absence d'un congé valide.
2. Renonciation au Congé : La Cour a souligné que la renonciation à un congé doit être prouvée, ce qui n'a pas été le cas ici. Cela est en lien avec le principe général du droit selon lequel la charge de la preuve incombe à celui qui prétend un fait.
3. Serment Décisoire : La décision de rejeter la demande de serment décisoire repose sur l'idée que même si le serment peut être demandé sans commencement de preuve, il doit être fondé sur des éléments suffisamment crédibles. La Cour a appliqué ce principe en considérant que la demande de X... était dilatoire et sans fondement.
En conclusion, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant ainsi la décision de la Cour d'appel de Paris, qui avait validé le congé et rejeté la demande de serment décisoire.