Résumé de la décision
Dans cette affaire, X... a demandé une rente en France pour une incapacité permanente partielle résultant d'un accident survenu en Ukraine en 1943. La Cour d'appel a rejeté sa demande, estimant qu'il ne prouvait pas avoir été contraint de travailler en Allemagne comme travailleur non volontaire. X... a contesté cette décision en soutenant que les témoignages en sa faveur avaient été écartés à tort et que la liste des travailleurs victimes d'accidents en Allemagne ne pouvait pas servir de fondement à la décision. La Cour de cassation a confirmé le jugement de la Cour d'appel, rejetant le pourvoi de X... tant sur le premier moyen que sur le second.
Arguments pertinents
1. Sur la preuve de l'astreinte au travail : La Cour a constaté que les attestations des témoins, bien que non titulaires de la carte prévue par l'article 9 de la loi du 14 mai 1951, n'étaient pas suffisantes pour établir la contrainte de X... à travailler en Allemagne. La Cour a affirmé que "les juges du fond, qui apprécient souverainement la force probante des témoignages et des présomptions, ont pu statuer comme ils l'ont fait sans violer les textes visés au moyen".
2. Sur la compétence des juridictions : Concernant la demande de dommages et intérêts pour la communication de documents médicaux à l'autorité allemande, la Cour a noté que l'incompétence n'avait pas été soulevée par les parties. Selon l'article 171 du Code de procédure civile, "le juge n'était pas tenu de se déclarer d'office incompétent", ce qui a conduit au rejet de ce moyen.
Interprétations et citations légales
1. Article 9 de la loi du 14 mai 1951 : Cet article stipule les conditions d'attribution de la carte de travailleur non volontaire. La Cour a interprété que l'absence de cette carte chez les témoins affaiblissait la crédibilité de leurs attestations, ce qui a permis aux juges du fond de ne pas les considérer comme probantes.
2. Code de procédure civile - Article 171 : Cet article précise que le juge n'est pas obligé de soulever d'office l'incompétence. La Cour a appliqué cette disposition pour justifier que l'absence de contestation sur la compétence des juridictions de sécurité sociale ne pouvait pas être un motif pour annuler la décision.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une évaluation rigoureuse des preuves et des témoignages, ainsi que sur une interprétation stricte des règles de compétence et de procédure, confirmant ainsi le rejet du pourvoi de X... pour insuffisance de preuve et absence de contestation sur la compétence.