Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Ville de Bordeaux avait acheté un immeuble à la Société des Lampes, destiné à être mis à la disposition de l'Association Générale des Étudiants de Bordeaux. Un contrat de commission avait été signé par Paul Z..., trésorier de l'association, stipulant que l'association devait payer une commission à l'Agence Gallien. L'association a contesté la validité de cet engagement, arguant que Z... n'avait pas reçu mandat pour la représenter. La Cour d'appel a confirmé la décision des premiers juges, mais la Cour de cassation a annulé cet arrêt, considérant que la Cour d'appel n'avait pas suffisamment vérifié si Z... avait le pouvoir de représenter l'association.
Arguments pertinents
1. Absence de mandat : L'association a soutenu que Paul Z..., en tant que trésorier, n'avait pas le pouvoir de l'engager contractuellement, car il n'agissait pas en tant que président ou délégué du président. La Cour de cassation a souligné que l'association est représentée dans tous les actes de la vie civile par son président, ce qui remet en question la légitimité de l'engagement pris par Z...
2. Confiance des tiers : La Cour d'appel avait estimé que X... et Y..., directeurs de l'Agence Gallien, pouvaient légitimement croire que Z... était le mandataire de l'association. Cependant, la Cour de cassation a noté que cette présomption ne suffisait pas à justifier l'engagement de l'association sans vérification de la qualité de Z...
3. Inobservation des statuts : La décision de la Cour d'appel a été critiquée pour ne pas avoir pris en compte les statuts de l'association, qui stipulent clairement que seul le président a le pouvoir de représenter l'association. La Cour de cassation a déclaré que la Cour d'appel n'avait pas légalement justifié sa décision en ne vérifiant pas ce point.
Interprétations et citations légales
- Code civil - Article 1998 : Cet article traite des effets des contrats de mandat et souligne l'importance de la représentation légale dans les engagements contractuels. Il est essentiel que le mandataire ait reçu un mandat clair et explicite pour engager la personne qu'il représente.
- Statuts de l'association : Les statuts, régulièrement publiés, précisent que l'association est représentée par son président dans tous les actes de la vie civile. Cela signifie que toute action entreprise par un membre de l'association sans ce mandat explicite pourrait être contestée.
La Cour de cassation a donc conclu que l'absence de vérification du pouvoir de Z... à engager l'association, ainsi que le fait qu'il n'agissait pas en tant que président, constitue une violation des règles de représentation stipulées dans les statuts de l'association. Cette décision souligne l'importance de la vérification des pouvoirs des mandataires dans les relations contractuelles, en particulier pour les entités associatives.