Résumé de la décision
Dans cette affaire, Maurice Y... bénéficiait d'un bail sur un bien appartenant à la succession de sa mère, qui expirait le 25 mars 1963. Le 14 septembre 1961, il reçut un congé de ses co-héritiers indivisaires, contesté en raison de l'absence de consentement de deux d'entre eux. La Cour d'appel a jugé que le congé était sans effet, déclarant le bail renouvelé pour une durée de neuf ans. Le pourvoi formé contre cette décision soutenait que la cour aurait dû surseoir à statuer en raison d'une instance en liquidation-partage en cours, et que la cour n'avait pas le pouvoir de renouveler le bail.
Arguments pertinents
1. Pouvoir d'appréciation de la cour d'appel : La cour d'appel avait la compétence pour décider de l'opportunité d'accorder un sursis à statuer. Elle a estimé qu'il n'était pas nécessaire de suspendre la procédure, affirmant que le concours de tous les héritiers co-indivisaires était requis pour valider le congé. Cela souligne l'importance de l'accord unanime dans le cadre d'une indivision.
2. Effet déclaratif du partage : Le pourvoi soutenait que la décision de la cour d'appel méconnaissait l'effet déclaratif du partage, qui n'avait pas encore eu lieu. La cour a statué que l'indivision continuait entre les parties, et que le congé ne pouvait être considéré comme valide en l'absence de l'accord de tous les co-héritiers.
Interprétations et citations légales
- Code civil - Article 883 : Cet article stipule que "les actes d'administration et de disposition concernant les biens indivis nécessitent le consentement de tous les co-indivisaires". La cour a appliqué ce principe pour conclure que le congé donné par certains co-héritiers, sans l'accord des autres, était nul.
- Code rural - Article 809 : Cet article précise les conditions de renouvellement des baux ruraux et souligne également la nécessité d'un congé valide. La cour a interprété que, dans le cadre d'une indivision, le congé doit être donné par tous les co-indivisaires pour être opposable.
La décision de la cour d'appel repose donc sur une interprétation stricte des règles régissant l'indivision et le droit des baux, confirmant que l'accord de tous les co-héritiers est indispensable pour toute action affectant les droits liés à un bien commun.