Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant Z... à la dame Y... née X..., la cour d'appel de Grenoble a été saisie suite à un litige relatif à un bail commercial. La dame Y... a été locataire d'un local commercial à Gap, comprenant un magasin, un sous-sol et un passage. En raison de différends entre Z..., le bailleur, et un voisin, la locataire n'a pas pu jouir pleinement du passage pendant une période. Elle a donc demandé une réduction de loyer et des dommages-intérêts. Le tribunal de grande instance a accordé une réduction de loyer, que la cour d'appel a confirmée, tout en limitant l'expertise à l'évaluation du préjudice subi par la locataire. Z... a formé un pourvoi, qui a été rejeté par la Cour de cassation.
Arguments pertinents
1. Inexécution des obligations contractuelles : Z... a soutenu que la cour d'appel avait erré en considérant que le bailleur n'avait pas entièrement délivré l'objet du bail, ce qui aurait conduit à une réduction du loyer. La cour a jugé que la locataire avait subi un préjudice en raison de la privation de jouissance, ce qui justifiait l'indemnisation. La cour a affirmé : « la cour d'appel... s'est ainsi bornée à apprécier l'indemnité qui pouvait lui être due en réparation du dommage subi par elle ».
2. Connaissance du litige par la locataire : Z... a également contesté la décision de la cour d'appel qui a jugé sans intérêt de savoir si la locataire avait connaissance du différend entre lui et le voisin. La cour a estimé que cela ne changeait rien à la responsabilité de Z... et que les conséquences de ses difficultés avec le voisin ne pouvaient être imputées à la locataire.
3. Interprétation des preuves : Concernant la largeur du passage, Z... a contesté l'interprétation des juges d'appel, qui ont constaté que le passage ne correspondait pas à celui prévu au plan annexé au bail. La cour a précisé que l'interprétation des procès-verbaux de constat n'avait pas été dénaturée et que la différence de largeur était fondée sur des éléments factuels.
Interprétations et citations légales
1. Inexécution et réduction de loyer : La cour d'appel a appliqué le principe selon lequel l'inexécution partielle des obligations contractuelles peut justifier une réduction de loyer. Cela est en accord avec le Code civil - Article 1184, qui stipule que « la résolution de la convention peut être prononcée en cas d'inexécution de ses obligations par l'une des parties ».
2. Connaissance des litiges : La cour a souligné que la connaissance par la locataire des difficultés entre le bailleur et le voisin n'affectait pas son droit à la jouissance du passage. Cela se fonde sur le principe que les obligations contractuelles doivent être respectées indépendamment des litiges externes, conformément au Code civil - Article 1134, qui établit que « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ».
3. Interprétation des preuves : La cour d'appel a exercé son pouvoir d'appréciation sur les éléments de preuve, affirmant que « le moyen ainsi formulé ne vise que l'interprétation donnée par la cour d'appel aux indications, non dénaturées par elle, des procès-verbaux de constat ». Cela illustre le respect du principe de libre appréciation des preuves par les juges, tel que prévu par le Code de procédure civile - Article 9, qui impose aux parties de prouver les faits nécessaires au succès de leur prétention.
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été confirmée par la Cour de cassation, rejetant le pourvoi de Z..., affirmant ainsi la protection des droits de la locataire face à l'inexécution des obligations du bailleur.