Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par le procureur général près la cour d'appel de Colmar, qui contestait un arrêt de cette même cour en date du 25 juin 1965. Cet arrêt avait relaxé X... pour affichage publicitaire illicite et Y... pour complicité. Les faits concernaient l'affichage de publicités sur une palissade implantée sur le trottoir, autorisée par la mairie de Strasbourg, mais sans autorisation spécifique pour la publicité. La cour a jugé que la législation applicable ne permettait pas de condamner X... pour cette infraction.
Arguments pertinents
1. Absence d'infraction : La cour d'appel a conclu que X... n'avait pas violé l'article 8 de la loi du 12 avril 1943, qui interdit de faire de la publicité sans l'autorisation du propriétaire. En effet, bien que la palissade ait été mise en place avec l'autorisation de la mairie, la cour a estimé que la réglementation sur l'affichage était sous la compétence du préfet, et non du maire. Ainsi, "le maire n'ayant pas le pouvoir d'interdire ou de réglementer sur la voie publique la publicité définie par la loi du 12 avril 1943", l'infraction ne pouvait pas être retenue.
2. Relaxation de Y... : La relaxe de Y..., poursuivi comme complice, était inévitable puisque X... avait été relaxé en tant qu'auteur principal. La cour a souligné que "la relaxe de Y... du chef de complicité s'ensuivait nécessairement".
Interprétations et citations légales
1. Article 8 de la loi du 12 avril 1943 : Cet article stipule que "nul ne peut faire de publicité sur un immeuble bâti ou non sans l'autorisation du propriétaire et, s'il y a lieu, des autres ayants droit". Dans ce cas, la cour a interprété que l'autorisation donnée à Y... pour la palissade ne couvrait pas l'affichage publicitaire, car il était stipulé que "si de la publicité devait y être faite, elle devait être réservée au concessionnaire municipal de publicité".
2. Article 6 de la loi du 12 avril 1943 : La cour a également fait référence à cet article, qui précise que "la publicité par affiches, panneaux-reclame, peintures ou dispositifs quelconques peut être interdite ou réglementée par le préfet". La cour a noté que "l'affichage sur la palissade protégeant le chantier ne pouvait être réglementé que par le préfet", ce qui renforce l'idée que le maire n'avait pas compétence en la matière.
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été jugée conforme à la loi, et les moyens de cassation soulevés par le procureur général ont été rejetés, confirmant ainsi la relaxe de X... et Y....