Résumé de la décision
La décision concerne les pourvois formés par plusieurs individus (X, Y, Z, A, et B) contre un jugement du Tribunal Permanent des Forces Armées de Paris, daté du 7 novembre 1968, qui les a condamnés à six mois de prison avec sursis pour désertion à l'intérieur en temps de paix avec complot. La Cour a déclaré le pourvoi de B irrecevable en raison de son dépôt tardif, et a rejeté les pourvois des autres demandeurs, confirmant la compétence du tribunal militaire pour juger les faits reprochés.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du pourvoi de B : La Cour a statué que le pourvoi de B était irrecevable car il avait été formé après l'expiration du délai de cinq jours francs suivant la notification du jugement, conformément à l'article 244 du Code de Justice Militaire.
- Citation pertinente : "CE POURVOI FORMÉ APRÈS L'EXPIRATION DU DÉLAI DE CINQ JOURS FRANCS EST IRRECEVABLE COMME TARDIF."
2. Compétence du Tribunal Permanent des Forces Armées : La Cour a confirmé que le tribunal était compétent pour juger les prévenus, qui étaient assujettis au service de défense et assimilés aux militaires pour les infractions de caractère militaire, y compris la désertion.
- Citation pertinente : "LES ASSUJETTIS AU SERVICE DE DÉFENSE SONT EUX-MÊMES ASSIMILÉS AUX MILITAIRES POUR TOUTES LES INFRACTIONS DE CARACTÈRE MILITAIRE."
3. Régularité de la composition du tribunal : La présence d'un juge civil désigné par le ministre de l'Intérieur a été jugée conforme à la loi, car les prévenus étaient affectés à un organisme relevant de ce ministère.
- Citation pertinente : "LA PRÉSENCE D'UN JUGE CIVIL DESIGNÉ PAR LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR ÉTAIT CONFORME À LA LOI."
Interprétations et citations légales
1. Article 244 du Code de Justice Militaire : Cet article stipule les délais de recours en matière militaire. La Cour a appliqué cet article pour déclarer le pourvoi de B irrecevable, soulignant l'importance du respect des délais dans les procédures judiciaires.
- Citation directe : "CE POURVOI FORMÉ APRÈS L'EXPIRATION DU DÉLAI DE CINQ JOURS FRANCS EST IRRECEVABLE."
2. Ordonnance du 7 janvier 1959 - Article 39 : Cet article établit que les assujettis au service de défense sont assimilés aux militaires pour les infractions militaires. La Cour a utilisé cet article pour justifier la compétence du tribunal militaire.
- Citation directe : "LES ASSUJETTIS AU SERVICE DE DÉFENSE SONT ASSIMILÉS AUX MILITAIRES."
3. Loi du 21 décembre 1963 - Article 6 : Cet article précise que les jeunes gens affectés sous statut de défense sont soumis aux mêmes obligations que les militaires. La Cour a interprété cet article pour établir que les prévenus, en tant qu'objecteurs de conscience, étaient soumis à la juridiction militaire.
- Citation directe : "LES JEUNES GENS DONT LA DEMANDE A ÉTÉ ADMISE SONT AFFECTÉS, PAR APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L'ORDONNANCE SUR LA DÉFENSE."
4. Loi du 28 juillet 1962 - Article 9 : Cet article définit la désertion et précise que toute personne servant sous statut de défense qui quitte son poste sans autorisation commet une infraction. La Cour a utilisé cet article pour justifier les poursuites pour désertion.
- Citation directe : "QUALIFIE DE DÉSERTION LE FAIT PAR TOUT INDIVIDU SERVANT SOUS STATUT DE DÉFENSE DE QUITTER SANS AUTORISATION."
En somme, la décision met en lumière l'importance du respect des délais de recours, la compétence des juridictions militaires pour juger les infractions commises par les assujettis au service de défense, ainsi que la régularité des procédures judiciaires en matière militaire.