Résumé de la décision
La décision concerne le droit aux allocations prénatales de Ghislaine X..., dont la déclaration de grossesse a été faite le 29 janvier 1968, après le quatrième mois de grossesse. Bien qu'elle ait subi son premier examen prénatal le 25 janvier 1968, la Commission de première instance d'Angers a accordé les allocations prénatales pour les quatre mois précédents, en considérant que son retard était dû à une légitime pudeur. La Cour de cassation a annulé cette décision, estimant que les juges du fond n'avaient pas correctement appliqué la notion de force majeure.
Arguments pertinents
1. Obligation de déclaration : La Cour souligne que la déclaration de grossesse et le premier examen prénatal doivent être réalisés dans un délai de trois mois, conformément aux articles du Code de la sécurité sociale. La non-observation de cette obligation est considérée comme une condition sine qua non pour le droit aux allocations.
> "L'obligation édictée dans un intérêt général de déclarer la grossesse et de passer le premier examen médical dans un délai de trois mois est impérative."
2. Force majeure : La Commission a jugé que la pudeur de la jeune fille constituait un cas de force majeure. Cependant, la Cour de cassation a contesté cette interprétation, affirmant que les faits retenus ne constituaient pas une impossibilité de déclaration.
> "Les faits retenus n'avaient pas entraîné une impossibilité constitutive de la force majeure."
Interprétations et citations légales
1. Code de la sécurité sociale - Articles 516 et suivants : Ces articles stipulent que les allocations prénatales sont dues à toute femme en état de grossesse, à condition qu'elle respecte certaines prescriptions, notamment la déclaration de grossesse et la réalisation d'examens prénataux dans les délais impartis.
2. Décret du 10 décembre 1946 - Article 28 : Cet article précise que des allocations peuvent être attribuées même si la déclaration de grossesse et le premier examen prénatal n'ont pas été réalisés dans le délai requis, mais uniquement en cas de force majeure.
> "Dans le cas où la mère n'a pu déclarer sa grossesse et subir le premier examen prénatal avant l'expiration du troisième mois, les mensualités d'allocations peuvent néanmoins lui être attribuées, s'il en a été ainsi que par suite de force majeure."
La décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de respecter les délais légaux pour la déclaration de grossesse et les examens médicaux, tout en clarifiant que la notion de force majeure ne peut pas être invoquée pour des raisons de pudeur personnelle.