Résumé de la décision
La Cour d'appel de Lyon a rendu un arrêt le 27 avril 1967, dans lequel elle a déclaré l'architecte Gages et Martin, en leur qualité d'administrateurs de la société Fer à Ver, tenus in solidum de garantir la société Mathieu X... des conséquences de malfaçons. Le pourvoi a été formé contre cette décision, soulevant principalement des questions relatives à la procédure, notamment l'absence de mention de la date de l'ordonnance de clôture et la recevabilité de l'appel provoqué interjeté par les copropriétaires et leur syndic.
Arguments pertinents
1. Sur la mention de la date de l'ordonnance de clôture :
- La Cour a rejeté l'argument selon lequel l'absence de mention de la date de l'ordonnance de clôture aurait constitué une formalité substantielle. Elle a précisé que cette mention n'était pas exigée par les articles pertinents du Code de procédure civile, notamment l'article 141 et le décret du 13 octobre 1965.
- Citation pertinente : "L'indication dans l'arrêt de la date de l'ordonnance de clôture n'était exigée ni par l'article 141 du Code de procédure civile, ni par le décret du 13 octobre 1965."
2. Sur la recevabilité de l'appel provoqué :
- La Cour a considéré que les copropriétaires et leur syndic avaient le droit d'interjeter un appel provoqué, même après l'expiration du délai d'appel ordinaire, en raison de la situation non satisfaite en première instance.
- Citation pertinente : "Bien qu'ils aient signifié le jugement et laissé expirer le délai d'appel ordinaire, ils trouvaient dans les dispositions de l'article 445, alinéa 4, la faculté d'interjeter 'en tout état de cause' un appel provoqué."
Interprétations et citations légales
1. Article 75-1 du Code de procédure civile :
- Cet article stipule que l'ordonnance de clôture doit intervenir dans un certain délai avant les plaidoiries, mais la Cour a précisé que cet article ne s'applique qu'aux instances où les assignations ont été données à jour fixe, ce qui n'était pas le cas ici.
- Citation directe : "L'article 75-1 du même code n'était applicable qu'aux instances dans lesquelles les assignations avaient été données à jour fixe."
2. Article 81-4 du Code de procédure civile :
- Cet article interdit la prise de conclusions après la clôture de l'instruction. Toutefois, la Cour a interprété que l'acte déposé par la société Mathieu X... ne constituait pas des conclusions au sens de cet article, mais plutôt une note, ce qui était permis.
- Citation directe : "Le magistrat rapporteur n'a retenu cet acte que comme constituant une note, qu'il avait le pouvoir d'inviter, oralement ou par écrit, l'une des parties à fournir."
3. Article 445, alinéa 4 du Code de procédure civile :
- Cet article permet d'interjeter un appel provoqué dans certaines conditions, même après l'expiration du délai normal, si la partie n'a pas obtenu entière satisfaction en première instance.
- Citation directe : "Ils trouvaient dans les dispositions de l'article 445, alinéa 4, la faculté d'interjeter 'en tout état de cause' un appel provoqué."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Lyon a été confirmée, rejetant le pourvoi sur la base d'une interprétation précise des règles de procédure civile et des circonstances spécifiques de l'affaire.