Résumé de la décision
Dans cette affaire, les époux X... ont délivré un commandement de payer à leur locataire, Goigoux, pour le paiement de loyers arriérés, d'une majoration de loyer pour le trimestre en cours et des charges locatives, conformément à une ordonnance fixant le loyer du bail renouvelé. Goigoux a contesté le montant des charges et a fait opposition au commandement. La cour d'appel a confirmé la décision de première instance qui avait débouté Goigoux de son opposition, déclarant acquise la clause résolutoire insérée au bail. Goigoux a formé un pourvoi en cassation.
Arguments pertinents
1. Validité du commandement : La cour a statué que le commandement émis pour une somme supérieure à la dette réelle n'est pas nul et reste valable pour la partie non contestée par le débiteur. Cela signifie que même si une partie des sommes réclamées n'était pas due, le commandement reste effectif pour la portion contestée.
2. Absence de désaccord sérieux : La cour a relevé qu'il n'existait pas de désaccord sérieux sur le montant des loyers dus, ce qui a conduit à la conclusion que Goigoux n'avait aucun droit de refuser de payer. La décision de la cour d'appel a été justifiée par cette absence de contestation sur le montant principal de la créance.
3. Application de la clause résolutoire : La cour a appliqué la clause résolutoire du bail, en considérant que les exigences de la bonne foi n'étaient pas en jeu, car Goigoux n'avait pas contesté de manière sérieuse le montant des loyers.
Interprétations et citations légales
L'affaire soulève des questions sur l'application des clauses résolutoires dans les baux commerciaux, en particulier en ce qui concerne les exigences de bonne foi. La décision de la cour d'appel repose sur plusieurs principes juridiques :
- Validité du commandement : La jurisprudence établit que le commandement de payer, même pour un montant supérieur à la dette réelle, reste valable pour la partie non contestée. Cela est conforme à l'idée que le débiteur est tenu de payer ce qu'il doit, même si une partie de la somme demandée est contestée.
- Absence de désaccord sérieux : La cour d'appel a constaté qu'il n'y avait pas de désaccord sérieux sur le montant des loyers dus, ce qui est un critère important pour l'application de la clause résolutoire. Cette interprétation est en ligne avec le principe selon lequel la bonne foi doit être respectée dans l'exécution des obligations contractuelles.
- Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Cela signifie que les parties sont tenues de respecter les termes de leur contrat, y compris les clauses résolutoires, tant qu'elles sont appliquées de manière conforme aux exigences de la bonne foi.
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été validée par la Cour de cassation, qui a rejeté le pourvoi de Goigoux, confirmant ainsi l'application des clauses résolutoires dans le cadre des baux commerciaux, même en présence de contestations sur certaines sommes.