Résumé de la décision
M. X... a été engagé par trois sociétés pour des missions liées à l'assurance et au financement. Après la cessation de ses fonctions, il a demandé le paiement d'indemnités diverses, y compris le remboursement de frais professionnels. La cour d'appel a débouté M. X... de sa demande de remboursement de frais, en considérant que les commissions qu'il avait perçues incluaient déjà ces frais. La Cour de cassation a annulé cette décision, estimant que les contrats ne pouvaient pas faire supporter au salarié les frais engagés pour son activité professionnelle.
Arguments pertinents
1. Remboursement des frais professionnels : La Cour de cassation rappelle le principe selon lequel "les frais professionnels engagés par le salarié doivent être supportés par l'employeur". Cela signifie que les frais justifiés par le salarié pour l'exercice de son activité doivent être remboursés, sauf disposition contractuelle contraire.
2. Interprétation des contrats : La cour d'appel a conclu que les commissions perçues par M. X... incluaient déjà le remboursement des frais. Cependant, la Cour de cassation a jugé que cette interprétation était erronée, car les contrats ne pouvaient pas imposer au salarié de supporter ces frais. La décision souligne que "les commissions brutes qui lui étaient versées représentant, d'une part, la rémunération de son activité, d'autre part, ses charges" ne peuvent pas être considérées comme une compensation pour les frais engagés.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur le principe fondamental du droit du travail concernant le remboursement des frais professionnels. Ce principe est énoncé comme suit :
- Code du travail - Article L. 1231-1 : "Les frais qu'un salarié justifie avoir exposés pour les besoins de son activité professionnelle et dans l'intérêt de l'employeur, doivent être remboursés sans qu'ils ne puissent être imputés sur la rémunération qui lui est due."
La Cour de cassation a ainsi rappelé que les contrats de travail ne peuvent pas déroger à ce principe sans une stipulation claire et précise, ce qui n'était pas le cas ici. La décision souligne l'importance de protéger les droits des salariés en matière de remboursement de frais, en veillant à ce que leur rémunération nette ne soit pas inférieure au SMIC, même en cas de forfaitisation des frais.
En conclusion, la Cour de cassation a réaffirmé le droit des salariés à être remboursés de leurs frais professionnels, en annulant la décision de la cour d'appel qui avait mal interprété les contrats en question.