Résumé de la décision
M. A B a demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'un arrêté préfectoral du 13 juillet 2023, qui ordonnait son expulsion du territoire français. Il a invoqué l'urgence de la situation, des atteintes à sa vie privée, ainsi que des risques de persécution dans son pays d'origine. Cependant, le juge a rejeté sa requête en raison de son irrecevabilité, constatant qu'il n'avait pas introduit de requête distincte à fin d'annulation de l'arrêté, condition préalable à la suspension en référé.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le juge a souligné que, selon l'article L. 521-1 du code de justice administrative, pour qu'une demande de suspension soit recevable, il est nécessaire que le requérant ait introduit une requête distincte à fin d'annulation. En l'espèce, M. B avait désisté de sa requête d'annulation, ce qui a conduit à l'irrecevabilité de sa demande de suspension.
> "Or, il résulte de l'instruction que, par une ordonnance du 18 mars 2024, il a été donné acte du désistement d'office de M. B des conclusions de sa requête enregistrée sous le n°2301809 tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 juillet 2023."
2. Absence de requête au fond : Le juge a également noté que M. B ne faisait état d'aucune autre requête au fond, ce qui aurait pu justifier la suspension de l'exécution de l'arrêté.
> "M. B ne fait état au soutien de sa demande tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté d'aucune autre requête au fond dont le tribunal serait saisi."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Cependant, cette possibilité est conditionnée par l'existence d'une requête distincte à fin d'annulation.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision (...)"
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable. Dans ce cas, le juge a appliqué cette disposition pour rejeter la requête de M. B.
> "Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur le non-respect des conditions de recevabilité des requêtes en référé, notamment l'absence d'une requête distincte à fin d'annulation, ce qui a conduit à l'irrecevabilité de la demande de M. B.