Résumé de la décision
Le 14 février 2022, le maire de Lecci a délivré un permis d'aménager à la SARL Arciquadra Suprana II pour la création d'un lotissement de 25 lots sur des parcelles situées au lieudit "Arciquadra". Le préfet de la Corse-du-Sud a contesté cet arrêté par un déféré enregistré le 20 juillet 2022, arguant que le projet méconnaissait les dispositions du code de l'urbanisme relatives à l'urbanisation et à la protection des espaces agricoles. Le tribunal a annulé l'arrêté du maire, considérant que le projet s'implante dans un espace d'habitat diffus, éloigné du village de Lecci, et ne respecte pas les critères de continuité avec les agglomérations ou villages existants.
Arguments pertinents
1. Inadéquation avec l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : Le tribunal a constaté que le projet de lotissement ne s'inscrit pas en continuité avec une agglomération ou un village, comme l'exige l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Cet article stipule que "l'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants". Le projet étant situé dans un espace d'habitat diffus, il ne respecte pas cette exigence.
2. Application du PADDUC : Le tribunal a également pris en compte les précisions apportées par le Plan d'Aménagement et de Développement Durable de la Corse (PADDUC), qui définit les critères d'identification des agglomérations et villages. Le PADDUC précise que pour apprécier la continuité d'un projet avec un village ou une agglomération, il faut tenir compte de la distance par rapport au périmètre urbanisé existant et d'autres critères géographiques. Le projet de la SARL Arciquadra Suprana II ne répond pas à ces critères.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'urbanisme - Article L. 121-8 : Cet article établit que l'urbanisation doit se faire en continuité avec les zones déjà urbanisées. Le tribunal a interprété cette disposition comme interdisant toute construction nouvelle dans des zones d'urbanisation diffuse, éloignées des agglomérations. La décision souligne que "aucune construction nouvelle ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages".
2. PADDUC - Critères d'identification des agglomérations et villages : Le PADDUC précise que l'identification d'une agglomération repose sur des critères tels que "le caractère permanent du lieu de vie", "l'importance et la densité significative de l'espace considéré", et "la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la micro-région". Le tribunal a noté que le projet ne respecte pas ces critères, ce qui justifie l'annulation de l'arrêté.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des dispositions du code de l'urbanisme et du PADDUC, visant à protéger les espaces d'habitat diffus et à garantir une urbanisation cohérente et durable.