Résumé de la décision
M. et Mme C ont demandé au juge des référés de suspendre la décision du 13 juin 2023, par laquelle l'inspectrice d'académie de la Dordogne a refusé leur demande d'instruction en famille pour leur fils B pour l'année scolaire 2023-2024. Ils ont également demandé que l'administration soit contrainte de réexaminer cette demande rapidement et sous astreinte. Le juge a rejeté leur requête, considérant qu'elle était irrecevable en raison de l'absence de décision définitive sur le recours administratif préalable obligatoire qu'ils avaient formé. En conséquence, la condition d'urgence n'était pas remplie.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le juge a souligné que, selon l'article D. 131-11-10 du Code de l'éducation, toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille doit être contestée par un recours préalable obligatoire avant de pouvoir être portée devant la juridiction administrative. En l'espèce, M. et Mme C n'avaient pas encore reçu de décision sur leur recours, rendant leur demande de suspension irrecevable.
2. Absence de condition d'urgence : Le juge a également noté que, sans décision définitive sur le recours, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du Code de justice administrative n'était pas remplie. Il a précisé que "l'absence de décision définitive" empêchait les requérants de demander la suspension de la décision initiale.
Interprétations et citations légales
1. Article D. 131-11-10 du Code de l'éducation : Cet article stipule que "toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite par les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée par le recteur d'académie". Cela signifie que le recours administratif préalable est une étape obligatoire avant de saisir la juridiction administrative.
2. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article précise que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque "l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision". Dans ce cas, le juge a conclu que l'urgence n'était pas justifiée en l'absence de décision sur le recours.
3. Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement mal fondée. Le juge a appliqué cette disposition pour rejeter la requête de M. et Mme C, considérant qu'ils n'avaient pas respecté la procédure préalable.
En somme, la décision du juge des référés repose sur le respect des procédures administratives et la nécessité d'une décision préalable avant de pouvoir contester une décision de refus d'instruction en famille.