Résumé de la décision
M. A, ressortissant philippin, a saisi le juge des référés pour obtenir une injonction à l'encontre du préfet des Hauts-de-Seine afin de lui délivrer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, ainsi qu'un récépissé correspondant. Après l'enregistrement de la requête, le préfet a convoqué M. A pour le 1er août 2023, rendant ainsi sans objet la demande d'injonction de rendez-vous. Le juge a également rejeté la demande d'injonction pour la délivrance d'un récépissé, précisant que cela dépendait de la complétude de la demande. En revanche, il a accordé à M. A une somme de 500 euros au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Urgence et nécessité de la mesure : M. A a soutenu que l'urgence était caractérisée par son incapacité à obtenir un rendez-vous depuis huit mois, ce qui le plongeait dans une situation précaire. Le juge a reconnu que la situation de M. A était préoccupante, mais a noté que la convocation du préfet répondait à cette urgence.
2. Perte d'objet de la demande : Le juge a constaté que la convocation du préfet à une date précise (1er août 2023) avait rendu sans objet la demande d'injonction de rendez-vous. Il a précisé que "par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte de demande de rendez-vous".
3. Délivrance du récépissé : Le juge a souligné qu'il n'était pas compétent pour ordonner la délivrance d'un récépissé, car cela dépendait de la complétude de la demande de titre de séjour. Il a affirmé que "la délivrance de ce dernier est subordonnée au caractère complet de sa demande de titre de séjour".
4. Frais de justice : En raison des circonstances, le juge a décidé de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, pour couvrir les frais de justice de M. A.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. La décision a précisé que "le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative".
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que l'État peut être condamné à verser une somme pour couvrir les frais de justice. Le juge a appliqué cet article en accordant 500 euros à M. A, en considérant que "dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros".
3. Délivrance du récépissé : Le juge a clarifié que la délivrance du récépissé est conditionnée par la complétude de la demande, ce qui implique que le juge ne peut pas prescrire cette délivrance sans évaluation préalable de la demande. Cela souligne l'importance de la procédure administrative en matière de séjour des étrangers.
En somme, la décision du juge des référés a été fondée sur une analyse des circonstances d'urgence, des compétences respectives des autorités administratives et judiciaires, ainsi que sur les dispositions légales pertinentes.