Résumé de la décision
M. B A a demandé au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2023, concernant un bien situé au 96, rue Aristide Briand à Bagneux. Il a soutenu qu'il n'avait pas été informé de l'obligation de déposer le formulaire H2 dans un délai de quatre-vingt-dix jours après l'achèvement des travaux. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la déclaration avait été faite après l'expiration du délai légal et que la remise gracieuse ne pouvait pas être accordée pour une imposition légalement établie.
Arguments pertinents
1. Délai de déclaration : Le tribunal a souligné que, selon l'article 1406 du Code général des impôts, il incombe au contribuable de déclarer l'achèvement d'une construction nouvelle dans un délai de quatre-vingt-dix jours. M. A a reconnu que l'immeuble avait été achevé en juillet 2022, mais la déclaration n'a été faite que le 12 juin 2023, soit après le délai imparti. Le tribunal a affirmé que "cette circonstance, même à la supposer établie, est sans incidence sur l'existence de la carence déclarative du contribuable".
2. Remise gracieuse : Le tribunal a également précisé qu'il n'appartient pas au juge de l'impôt de prononcer la remise gracieuse d'une imposition légalement établie, rendant ainsi les conclusions de M. A à cet égard manifestement irrecevables.
Interprétations et citations légales
1. Obligation de déclaration : L'article 1406 du Code général des impôts stipule que "les constructions nouvelles [...] sont portées par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive". Cette disposition impose une obligation claire et précise au contribuable, qui doit respecter le délai pour bénéficier d'une exonération.
2. Exonération de taxe foncière : L'article 1383 du même code précise que "les constructions nouvelles [...] sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement". Cela signifie que l'exonération est conditionnée à la déclaration dans le délai imparti, et une déclaration tardive ne permet d'obtenir l'exonération que pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante.
3. Limites de la remise gracieuse : Le tribunal a rappelé que "la remise gracieuse d'une imposition légalement établie" ne peut être accordée par le juge, ce qui souligne la séparation des pouvoirs entre l'administration fiscale et le pouvoir judiciaire en matière d'imposition.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des délais de déclaration et des conditions d'exonération, ainsi que sur une clarification des limites de l'intervention judiciaire dans les affaires fiscales.