Résumé de la décision
M. A E a demandé au tribunal administratif de prescrire une expertise pour évaluer les préjudices subis en raison du refus de soins du docteur B, ainsi que de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser 1 500 euros. M. E a expliqué avoir souffert de douleurs à la hanche après une opération en 2004 et avoir été refusé par le docteur B en 2019 en raison de son poids. Il a finalement été opéré par un autre médecin en 2021. Le tribunal a rejeté la demande d'expertise, considérant qu'il n'y avait pas de lien de causalité entre la faute alléguée et les préjudices, car M. E avait eu la possibilité de consulter d'autres médecins durant les deux années suivant le refus.
Arguments pertinents
1. Absence de lien de causalité : Le tribunal a souligné que même si la faute du docteur B était établie, M. E n'a pas consulté d'autres médecins pendant deux ans, ce qui a conduit à l'absence de lien de causalité entre le refus de soins et les préjudices subis. Le juge a affirmé que "les préjudices dont il demande réparation sont la conséquence de ce choix".
2. Utilité de l'expertise : En vertu de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, le juge des référés doit apprécier l'utilité d'une mesure d'expertise dans le cadre d'un litige principal. Le tribunal a conclu que "l'organisation de la mesure sollicitée est dépourvue du caractère d'utilité exigé".
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d'expertise. Toutefois, il précise que "le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". Cela implique que l'expertise doit être pertinente par rapport à un litige existant.
2. Responsabilité médicale : Le tribunal a également pris en compte la responsabilité du docteur B dans le cadre de son exercice au sein d'un établissement public. La défense a soutenu que "son éventuelle responsabilité sera absorbée par la responsabilité de l'établissement public de santé", ce qui a conduit à la demande de mise hors de cause du docteur B.
En somme, la décision du tribunal repose sur l'absence de lien de causalité entre le refus de soins et les préjudices allégués, ainsi que sur l'absence d'utilité d'une expertise dans ce contexte.