Résumé de la décision
Mme B A et l'Union départementale des associations familiales (UDAF) 54 ont demandé au juge des référés d'ordonner une expertise pour évaluer les préjudices résultant d'un accident survenu le 3 octobre 2022, lorsque Mme A a chuté dans une excavation non sécurisée à Cosne-Cours-sur-Loire. Le juge a rejeté la requête, considérant que la mesure d'expertise n'était pas utile dans la perspective d'un litige potentiel contre la commune, en raison de l'absence de lien de causalité établi entre l'accident et la responsabilité de la collectivité.
Arguments pertinents
1. Absence de lien de causalité : Le juge a souligné que Mme A devait prouver le lien de causalité entre l'ouvrage public (l'excavation) et le dommage. Il a noté que l'accident s'est produit à un moment où Mme A connaissait déjà la présence de l'excavation, ce qui pourrait impliquer une négligence de sa part.
> "Il n'apparaît pas que, compte tenu de ses caractéristiques physiques, l'excavation dans laquelle Mme A expose qu'elle s'est tordue la cheville [...] constituerait un obstacle excédant ceux qu'un usager de la voie publique normalement attentif est susceptible de rencontrer."
2. Connaissance des lieux : Le juge a également pris en compte que Mme A avait constaté la présence de l'excavation depuis environ deux mois avant l'accident, ce qui pourrait réduire la responsabilité de la commune.
> "Les déclarations mêmes de Mme A [...] indiquent qu'elle connaissait les lieux pour avoir constaté la présence de cette excavation depuis environ deux mois."
3. Inutilité de l'expertise : En conclusion, le juge a estimé que l'expertise demandée n'apportait pas d'éléments nouveaux susceptibles de faire évoluer la situation juridique de Mme A dans un éventuel litige contre la commune.
> "La mesure d'expertise sollicitée n'apparaît pas utile dans la perspective d'un litige dans lequel Mme A chercherait à engager la responsabilité de la commune de Cosne-Cours-sur-Loire."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d'expertise ou d'instruction sur simple requête. Toutefois, l'utilité de ces mesures doit être appréciée en fonction des éléments disponibles et de l'intérêt qu'elles présentent pour un litige potentiel.
> "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction."
2. Responsabilité de la collectivité : Selon le principe établi, la collectivité peut s'exonérer de sa responsabilité en prouvant l'entretien normal de l'ouvrage ou en démontrant que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
> "La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de cet ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure."
En somme, la décision du juge des référés repose sur une analyse rigoureuse des faits et des éléments de preuve, mettant en lumière la nécessité pour la victime d'établir un lien de causalité clair pour engager la responsabilité de la commune.