Résumé de la décision
M. B A, représenté par son avocat, a saisi le juge des référés pour obtenir le versement d'une provision de 10 000 euros de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) au titre d'une prime de transition énergétique. L'ANAH a contesté la demande en indiquant que la prime avait déjà été mise en paiement avant l'introduction de la requête. Par ordonnance du 18 juillet 2023, le juge des référés a rejeté la requête de M. A, considérant que la demande de provision était irrecevable, puisque le paiement avait déjà été effectué. De plus, il a été décidé qu'aucune somme ne serait mise à la charge de l'ANAH au titre des frais de justice, celle-ci n'étant pas la partie perdante.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande de provision : Le juge a constaté que l'ANAH avait mis en paiement la prime de 10 000 euros le 14 mars 2023, soit avant l'introduction de la requête de M. A. Le paiement effectif a eu lieu le 21 mars 2023. Par conséquent, la demande de provision était irrecevable, car il n'existait plus de créance non sérieusement contestable. Le juge a affirmé : « Par suite, les conclusions de la requête tendant au paiement d'une provision du même montant, sont irrecevables. Elles doivent être rejetées. »
2. Frais de justice : En ce qui concerne les frais liés au litige, le juge a appliqué les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui stipule que les frais ne peuvent être mis à la charge d'une partie qui n'est pas perdante. L'ANAH n'étant pas la partie perdante, aucune somme ne lui a été imposée.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 541-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner le versement d'une provision lorsque la créance est non sérieusement contestable. Dans cette affaire, le juge a interprété que la créance de M. A n'était plus sérieusement contestable, car le paiement avait déjà été effectué avant la demande.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que « dans les litiges devant les juridictions administratives, la partie perdante peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ». Le juge a appliqué cet article pour conclure que l'ANAH, n'étant pas la partie perdante, ne pouvait pas être condamnée à verser des frais à M. A.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une application stricte des textes de loi, confirmant que le paiement de la prime par l'ANAH avant la requête rendait la demande de M. A irrecevable et que les frais de justice ne pouvaient être mis à la charge de l'ANAH.