Résumé de la décision
M. A B, incarcéré depuis 2009, a contesté la décision du garde des sceaux du 2 octobre 2020, qui ordonnait son transfert du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier au centre pénitentiaire d'Aiton. Il a invoqué plusieurs arguments, notamment la méconnaissance de ses droits de la défense, l'absence de notification écrite de la décision, et des préoccupations concernant sa santé mentale et sa réinsertion. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la décision de transfert était une mesure d'ordre intérieur, insusceptible de recours pour excès de pouvoir, et qu'elle ne portait pas atteinte aux droits fondamentaux de M. B.
Arguments pertinents
1. Nature de la décision : Le tribunal a souligné que les décisions d'affectation entre établissements pénitentiaires de même nature sont considérées comme des mesures d'ordre intérieur, ce qui les rend généralement insusceptibles de recours. Il a précisé que M. B n'a pas démontré que les établissements en question présentaient des modalités d'incarcération différentes.
2. Absence de preuves : Concernant les allégations de M. B sur l'impact de son transfert sur les visites de ses proches et sa santé mentale, le tribunal a noté qu'il n'a fourni aucun élément probant pour étayer ses affirmations. Par exemple, il a été mentionné que les départements de l'Isère et de la Savoie sont voisins, ce qui contredit l'argument d'éloignement.
3. Droits fondamentaux : Le tribunal a également précisé que les objectifs d'insertion et de réinsertion ne constituent pas des droits fondamentaux des détenus, ce qui limite la portée des arguments de M. B sur ce point.
Interprétations et citations légales
1. Mesures d'ordre intérieur : Le tribunal a fait référence à la nature des décisions d'affectation en indiquant que "les décisions d'affectation consécutives à une condamnation [...] constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus."
2. Absence de droits fondamentaux en jeu : En ce qui concerne les droits fondamentaux, le tribunal a affirmé que "les objectifs d'insertion et de réinsertion attachés aux peines subies par les détenus ne font pas partie des libertés et droits fondamentaux des détenus."
3. Éléments de preuve : Le tribunal a souligné que M. B n'a pas apporté d'éléments établissant que le transfert compromettrait sa santé mentale ou le placerait dans une situation de vulnérabilité particulière, ce qui est essentiel pour contester une mesure d'ordre intérieur.
Références légales
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article stipule que les décisions administratives peuvent faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sauf si elles relèvent de mesures d'ordre intérieur.
- Code pénitentiaire - Article 1 : Cet article définit les principes régissant l'organisation et le fonctionnement des établissements pénitentiaires, en précisant que les décisions d'affectation relèvent de l'autorité de l'administration pénitentiaire.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des mesures d'ordre intérieur et des droits fondamentaux des détenus, limitant ainsi les possibilités de contestation des décisions administratives en matière de transfert pénitentiaire.