Résumé de la décision
Mme A B a saisi le tribunal administratif pour contester la décision du président du conseil départemental de l'Isère, datée du 19 octobre 2022, qui lui refusait la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention stationnement. Le tribunal a demandé à Mme B de produire la décision prise sur son recours administratif préalable ou la preuve de l'exercice de ce recours. N'ayant pas régularisé sa requête dans le délai imparti, le tribunal a déclaré la requête manifestement irrecevable et l'a rejetée.
Arguments pertinents
1. Recours administratif préalable obligatoire : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 241-17-1 du code de justice administrative, toute contestation d'une décision relative à la carte mobilité inclusion doit être précédée d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est une condition préalable à la saisine du juge.
2. Irrecevabilité de la requête : En vertu de l'article R. 222-1 du même code, le tribunal a le pouvoir de rejeter les requêtes manifestement irrecevables. Dans ce cas, Mme B n'a pas fourni la preuve de l'exercice de son recours administratif dans le délai imparti, rendant sa requête irrecevable.
3. Décision substitutive : Le tribunal a précisé que la décision prise à la suite du recours préalable est la seule qui peut être contestée devant le juge, car elle se substitue à la décision initiale. Cela signifie que sans cette décision, le tribunal ne peut pas examiner la légalité de la décision initiale.
Interprétations et citations légales
1. Obligation de recours préalable : L'article R. 241-17-1 du code de justice administrative stipule que "le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte 'mobilité inclusion' [...] est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental." Cette disposition impose un cadre strict pour la contestation des décisions administratives, garantissant que l'administration ait l'opportunité de réexaminer sa décision avant qu'un juge n'intervienne.
2. Irrecevabilité des requêtes : L'article R. 222-1 du code de justice administrative, en son 4°, permet au tribunal de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régularisation si la juridiction n'est pas tenue de le faire. Cela souligne l'importance de respecter les procédures administratives avant de saisir le juge.
3. Nature substitutive de la décision : Le tribunal a rappelé que "la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale." Cela signifie que le juge ne peut examiner que la décision finale issue du recours, renforçant ainsi le principe de l'épuisement des voies de recours administratives.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Grenoble repose sur des principes clairs de droit administratif, soulignant l'importance du respect des procédures de recours avant d'engager une action en justice.