Résumé de la décision
M. B A a déposé une requête le 3 mai 2023 pour contester un arrêté du préfet du Nord, daté du 24 avril 2023, qui lui imposait de quitter le territoire français sans délai. Le tribunal administratif a examiné la recevabilité de cette requête et a constaté qu'elle avait été enregistrée après l'expiration du délai légal de 48 heures suivant la notification de l'arrêté. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 614-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les requêtes contre une mesure d'obligation de quitter le territoire sans délai doivent être déposées dans un délai de 48 heures suivant la notification de la mesure. Le tribunal a précisé que ce délai est strict et ne peut être prorogé.
2. Notification de l'arrêté : Il a été établi que l'arrêté contesté a été notifié à M. A le 26 avril 2023, entre 09 heures 40 et 09 heures 50. La requête, enregistrée le 3 mai 2023, était donc tardive, ce qui a conduit à son rejet.
3. Irrecevabilité manifeste : En raison du non-respect du délai de 48 heures, le tribunal a conclu que la requête ne pouvait pas être régularisée et devait être rejetée pour irrecevabilité manifeste.
Interprétations et citations légales
1. Délai de 48 heures : L'article L. 614-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure." Ce délai est impératif et ne souffre d'aucune prorogation, comme le précise l'article R. 776-5 du même code.
2. Nature du délai : Le tribunal a rappelé que le délai de 48 heures "ne saurait recevoir aucune prorogation" et qu'il se décompte "d'heure à heure", ce qui signifie qu'il est strict et ne peut être interprété de manière flexible. Cela est en accord avec l'article R. 776-2 du Code de justice administrative, qui précise également ce cadre temporel.
3. Irrecevabilité : L'article R. 222-1 du Code de justice administrative permet au président du tribunal de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régularisation. Dans ce cas, le tribunal a appliqué cette disposition en raison du non-respect du délai de recours.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Lille repose sur une interprétation stricte des délais de recours prévus par la loi, soulignant l'importance du respect des procédures administratives en matière d'éloignement du territoire.