Résumé de la décision
M. B A, représenté par son avocat, a introduit une requête le 11 septembre 2023 pour contester le refus du directeur de la direction départementale des territoires et de la mer d'attribuer une nouvelle bonification indiciaire (NBI) à son poste, ainsi que le refus implicite du ministre de la transition écologique de modifier rétroactivement un arrêté fixant la liste des emplois ouvrant droit à la NBI. Le préfet du Nord a demandé la transmission de la requête au Conseil d'État, ce qui a été accepté par le tribunal administratif de Lille. La décision a été prise en vertu des dispositions du code de justice administrative, considérant que les conclusions de M. A relevaient de la compétence du Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le tribunal a souligné que la requête de M. A était dirigée contre un refus implicite du ministre, ce qui constitue un acte réglementaire. En vertu de l'article R. 311-1 du code de justice administrative, le Conseil d'État est compétent pour connaître des recours contre les actes réglementaires des ministres. Le tribunal a donc conclu que "les conclusions tendant à l'annulation de cette décision sont au nombre de celles qui relèvent de la compétence du Conseil d'État en premier et dernier ressort".
2. Transmission du dossier : En raison de la nature réglementaire de la décision contestée, le tribunal a décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État, conformément à l'article R. 351-2 du code de justice administrative, qui stipule que "lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence du Conseil d'État, son président transmet sans délai le dossier au Conseil d'État".
Interprétations et citations légales
1. Article R. 311-1 du code de justice administrative : Cet article précise que le Conseil d'État est compétent pour connaître en premier et dernier ressort des recours dirigés contre les actes réglementaires des ministres. La décision du tribunal s'appuie sur cette disposition pour justifier la transmission de la requête, affirmant que "la décision d'un ministre ayant pour objet de refuser la modification d'un acte réglementaire revêt elle-même un caractère réglementaire".
2. Article R. 351-2 du code de justice administrative : Cet article établit la procédure de transmission des dossiers au Conseil d'État lorsque la compétence est reconnue. Le tribunal a appliqué cette règle en déclarant qu'il y avait lieu de transmettre le dossier, en raison de la nature des conclusions de M. A.
En somme, la décision du tribunal administratif de Lille repose sur une interprétation claire des compétences respectives des juridictions administratives, en se fondant sur des dispositions précises du code de justice administrative pour justifier la transmission de la requête au Conseil d'État.