Résumé de la décision
M. B A, médecin, a demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'un arrêté du sous-préfet de Boulogne-sur-Mer, daté du 17 novembre 2023, qui suspendait son permis de conduire pour une durée de 8 mois en raison d'un taux d'alcoolémie de 1,04 mg/L. La requête a été enregistrée le 28 mars 2024, soit près de cinq mois après l'édiction de l'arrêté. Le juge des référés a rejeté la demande de M. A, considérant qu'il n'y avait pas d'urgence justifiant la suspension de l'arrêté, en raison de son manque de diligence et de l'intérêt public lié à la sécurité routière.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : Le juge a constaté que M. A avait attendu près de cinq mois pour demander la suspension de l'arrêté, sans justifier d'une circonstance nouvelle. Cela démontre un manque de diligence de sa part. Le juge a souligné que "la situation d'urgence dont il se prévaut résulte de son manque de diligence à saisir du litige la juridiction administrative".
2. Intérêt public : Le juge a également pris en compte l'intérêt public, en affirmant que la décision contestée était fondée sur des éléments sérieux, à savoir un taux d'alcoolémie supérieur à la limite légale. Il a déclaré que "l'intérêt public tenant à la préservation légitime du droit des autres usagers de la route et des piétons de pouvoir circuler en sécurité" justifiait le maintien de l'arrêté.
3. Doute sur la légalité : Bien que le juge n'ait pas eu à se prononcer sur la légalité de l'arrêté, il a noté que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, ce qui a conduit au rejet de la requête en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision. La décision souligne que "l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public".
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie. Le juge a appliqué cet article pour conclure que "la requête de M. A doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative".
3. Article R. 234-4 du code de la route : Cet article est mentionné pour justifier la décision de suspension du permis de conduire, en raison du taux d'alcoolémie constaté. Le juge a noté que "la décision contestée est fondée sur la circonstance que les vérifications prévues à l'article R. 234-4 du code de la route ont révélé un taux d'alcool de 1,04 mg/L".
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une évaluation rigoureuse de l'urgence et de l'intérêt public, tout en appliquant les dispositions pertinentes du code de justice administrative et du code de la route.