Résumé de la décision
La société CELSA France a contesté la décision du 12 avril 2019 par laquelle l'agence de services et de paiement a rejeté sa demande d'aide en raison d'un dépôt tardif de sa demande, effectué le 3 avril 2019, après la date limite du 31 mars 2019. Le tribunal administratif de Pau a rejeté la requête de la société, considérant que le dépôt tardif ne pouvait être justifié par des circonstances internes à l'entreprise et que les dispositions légales étaient impératives.
Arguments pertinents
1. Délai impératif : Le tribunal a souligné que l'article R. 122-26 du code de l'énergie impose un délai de dépôt de la demande d'aide, précisant que "les entreprises qui souhaitent faire bénéficier leurs sites de l'aide [...] adressent annuellement à l'Agence de services et de paiement [...] une demande de versement [...] au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année au titre de laquelle elle est présentée". Le tribunal a donc conclu que toute demande reçue après cette date ne pouvait être acceptée.
2. Inadmissibilité des justifications : La société CELSA France a tenté de justifier son retard par une désorganisation interne. Cependant, le tribunal a estimé que cette circonstance ne pouvait pas faire obstacle à l'application stricte du délai. Il a précisé que "ni la circonstance que ce retard serait lié à une désorganisation de son service, ni la circonstance que la société aurait respecté l'échéance du 31 mars lors de ses précédentes demandes, ne sont de nature à faire obstacle à l'application du délai impératif".
3. Absence de rupture du principe d'égalité : Le tribunal a également rejeté l'argument selon lequel le traitement de sa demande aurait constitué une rupture du principe d'égalité, affirmant que la situation de fait ne révélait aucune inégalité.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'énergie - Article L. 122-8 : Cet article établit le cadre général pour l'octroi d'aides aux entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone. Il précise que "une aide est versée aux entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison de la répercussion des coûts du système européen d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre sur les prix de l'électricité".
2. Code de l'énergie - Article R. 122-26 : Cet article précise les modalités de dépôt des demandes d'aide, en insistant sur le caractère impératif du délai : "Cette demande est reçue par l'agence au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année au titre de laquelle elle est présentée". Le tribunal a interprété cette disposition comme excluant toute possibilité de dépôt tardif, indépendamment des circonstances entourant le retard.
3. Arrêté du 11 août 2006 : Bien que la société ait tenté de se référer à cet arrêté pour justifier un dossier incomplet, le tribunal a noté que cet arrêté ne s'applique pas aux cas de dépôt tardif, affirmant que "la société ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article 4 de l'arrêté [...] qui visent l'hypothèse d'un dossier incomplet, et non d'un dossier déposé après la date impérative".
En conclusion, le tribunal a rejeté la requête de la société CELSA France, confirmant que le respect des délais légaux est fondamental et que les justifications internes ne peuvent pas justifier un dépôt tardif.